Au cœur de l’indépendance balte

Après notre visite de Riga et les belles rencontres faites à Jurmala, nous voici de nouveau sur la route afin de retourner vers l’Estonie. A la sortie de la capitale, où nous sommes déposés par Pavel et Alex, nos amis de Jurmala, nous attendons seulement 15 minutes avant de monter dans la voiture d’une mère et de ses 2 enfants. Malheureusement elle nous dépose à peine 15 kilomètres plus loin, sur un spot horrible à l’insertion d’une nationale.

Il s’agit en fait d’un chemin en terre, pratiquement inutilisé ! De plus, la pluie se met à tomber très violemment. Heureusement pour nous, nous pouvons nous abriter sous un abri-bus, où nous restons pratiquement 3 heures à attendre un miracle.

Au bout d’un moment, nous changeons de stratégie, et nous tentons de faire de stop directement sur la nationale. Les voitures nous voient à peine à cause de la pluie torrentielle, et ne peuvent de toute façon pas s’arrêter si jamais elles décident de nous prendre. Mais nous n’avons vraiment pas le choix si nous ne voulons pas passer la nuit sous cet abri-bus !

Et finalement, après 3 heures, un homme s’arrête du côté Nationale, au milieu de la voie ! L’endroit est tellement dangereux que nous grimpons avec empressement dans sa voiture, sans vraiment prendre le temps de lui demander où il se rend.

Finalement il nous dépose quelques kilomètres plus loin, mais cette fois-ci dans le centre d’un village ! En route, on en profite pour lui demander s’il n’aurait pas par hasard une place pour nous héberger ce soir. Mais il nous répond d’un non franc et massif.

Pas de problème ! Il n’est pas encore très tard. Nous recommençons donc le stop, et au bout d’à peine un quart d’heure nous montons dans la voiture d’un jeune nous conduisant à Valmiera. Nous réitérons notre demande avec lui, et cette fois-ci ça marche ! Mais il ne nous conduit pas chez lui. En réalité, il possède une parcelle de jardin partagé totalement à l’extérieur de la ville, sur laquelle est construite une maison qu’il loue à Edge, un jeune de son entourage.

Il nous laisse poser nos matelas sous un abri en bois dans le jardin, et nous explique qu’on peut utiliser les toilettes sèches situées à l’extérieur, et demander à Edge tout ce qu’on désire. Puis il nous laisse. Nous ne reverrons ni lui ni Edge, ni durant la soirée ni le lendemain matin.

Le sol est très sale et couvert d’araignées, mais vu la tempête qui redouble de violence durant la nuit, nous sommes vraiment heureux d’être protégés, quitte à dormir dans ces conditions !

Les araignées sont nos amies

Le lendemain, nous rejoignons le centre de Valmiera en stop. Mais nous le quittons très rapidement, après avoir visité le minuscule quartier des anciennes fortifications, très sympathique !

Les ruines de Valmiera

Il ne reste vraiment plus grand chose !

Nous marchons jusqu’à la sortie de la ville, où nous trouvons une voiture en à peine 2 minutes. Cet homme nous conduit à plus de 20 kilomètres d’ici, alors qu’il devait normalement s’arrêter au bout de 5. Mais comme d’habitude, les baltes font tout pour nous arranger au maximum, et cet homme nous explique que ce sera plus simple pour nous de faire du stop à cet endroit.

Et effectivement, nous quittons la ville de Strenci au bout d’à peine 5 minutes. Mais nous aurions peut-être préférés attendre plus longtemps et faire la route avec un meilleur conducteur ! Le problème n’est pas la vitesse, ni l’alcool ou quoi que ce soit d’autre. Mais durant tout le trajet en direction de Tartu (soit environ 1h30), cet homme ne cessera d’avoir des propos racistes, de prôner le nazisme, ainsi que de rappeler à Florine que les femmes doivent rester des femmes, c’est-à-dire porter des talons hauts et des robes, faire la cuisine et le ménage etc…

C’est donc avec lui que nous quittons la Lettonie après seulement quelques jours, et que nous repassons la frontière Estonienne. Sans doute l’un des trajets les plus longs que nous n’ayons jamais connu !

Nous pouvons enfin souffler lorsqu’il nous dépose à 4 kilomètres du centre-ville de Tartu, dans un centre-commercial très atypique !

Parce qu’il est important de patiner en faisant ses courses !

Nous y restons quelques temps avant de rejoindre le centre à pied. Sur le trajet, nous avons l’occasion d’apprécier une coutume très intelligente des pays baltes. En effet, on est en pleine époque de la cueillette des pommes, et dans chaque jardin, les pommiers pullulent, ainsi que leurs rendements. Plutôt que de jeter le surplus, les habitants ont eu l’idée de laisser à disposition de tous les passants des pommes gratuites. Devant chaque portail nous pouvons ainsi retrouver des paniers entiers de pommes dans lesquels tout le monde se sert. Nous en profitons donc pour prendre une cure de fruits. Et quel régal !

Arrivés dans le centre, nous contactons Ingrid et Heldi, les deux sœurs rencontrées chez Mareite à Pärnu, et qui nous avaient invitées à venir dormir chez elle dès que nous serions à Tartu. En attendant notre rendez-vous avec elles en soirée, nous en profitons pour visiter la ville. Et de nouveau, quel incroyable découverte !

La mairie de Tartu

Tartu nous prouve une fois de plus à quel point l’Estonie est un pays superbe, plein de romantisme.

La place centrale

Chantons sous la pluie

La ville est encore plus petite que Pärnu, mais cela n’empêche en rien sa beauté.

Il faut bien se reposer de temps en temps !

Les petits estoniens s’amusent à l’ancienne

Tartu est également une ville très artistique, et l’on peut y trouver des œuvres d’art à chaque coin de rue.

On retrouve vraiment ce style d’art partout dans le monde !

La vache multicolore de Tartu

Cette œuvre est apparemment la plus connue de Tartu…vraiment ?

Nous apprécions de plus en plus ce pays dont nous ne connaissions rien au départ, et nous sommes vraiment déçus de ne pouvoir y rester plus longtemps. Mais pas le choix, nous devons retourner à Helsinki. Peut-être reviendrons-nous ici dans quelques années !

En attendant, nous rejoignons la maison d’Heldi, où nous sommes invités à partager un excellent repas en compagnie d’elle, de son fils et de sa sœur Ingrid. Quel plaisir de les retrouver et de partager avec elle les quelques jours passés depuis que nous les avons vu à Parnu.

Belles retrouvailles avec les sœurs Ingrid et Heldi

Puis surprise ! Nous ne dormons pas chez elles finalement, mais chez leur tante Ivika et son mari Tonu, qui vivent à quelques kilomètres de là. Ivika parle bien anglais, et nous passons la fin de soirée avec elle, ainsi qu’avec son mari qui rentre très tard d’un voyage d’affaire.

On reste dans la famille avec Ivika et Tonu

Nous avons accès à la douche, ainsi qu’à une sorte de maison située au fond du jardin, où nous nous arrangeons un petit cocon bien douillet pour passer la nuit.

Et en plus on avait la compagnie de deux chats !

Malheureusement, nous ne reverrons ni Ivika ni Tonu le lendemain matin. Et c’est Heldi qui vient nous chercher afin d’aller prendre le petit déjeuner chez elle, en compagnie d’Ingrid.

En discutant avec elles, nous avons une très bonne surprise. En effet, comme en Finlande avec Mario et sa mère Outi, Heldi et Ingrid nous permettent d’accentuer notre réseau de contacts en Estonie, en nous trouvant un logement pour ce soir, chez des amis à elles qui vivent à Tallinn ! Comme nous reprenons le ferry le lendemain en direction d’Helsinki, nous acceptons ce contact avec plaisir !

Ayant 180 kilomètres à parcourir ce jour-là avant de rejoindre Tallinn, nous partons donc rapidement de chez ces deux sœurs au grand cœur avec qui nous aurons passé d’excellents moments. Puis nous finissons de visiter les quartiers de la ville que nous n’avions pas eu le temps de voir la veille, y compris les ruines d’une ancienne cathédrale vraiment incroyables !

Magnifiques ruines de Cathédrale

On se sent tout petit !

Puis nous marchons environ 2 kilomètres jusqu’à la sortie de la ville…où nous trouvons une voiture au bout d’un quart d’heure, qui nous conduit directement à Tallinn ! Nous passons un très bon moment avec ce grand voyageur, à échanger nos expériences de voyage et à écouter ses conseils concernant l’Océanie.

Il nous dépose à la gare de Tallinn, où nous en profitons pour retourner au marché afin de nous acheter à manger. Puis nous retrouvons Mari-Anne, qui nous conduit chez elle, dans une immense et magnifique maison des faubourgs de la ville.

Nous passons une excellente soirée avec elle, son mari Ivo et leur fils Hendrik (qui parle un anglais parfait à 12 ans…), autour d’un excellent repas, comme nous n’en n’avons pas eu depuis longtemps !

Chez Mari-Anne, Ivo et Hendrik : une histoire de famille !

Durant toute la soirée, nous discutons avec ce couple possédant des connaissances d’un niveau incroyable. Nous en apprenons d’ailleurs plus sur le passé des pays baltes, ainsi que sur leur ressentit de l’occupation Russe qui a durée jusqu’à la chute de l’URSS en 1991.

En 1988, ce couple qui, comme l’ensemble des baltes à cette époque, souhaitait devenir indépendant, a participé au rassemblement qui a eu lieu dans le centre de Tallinn avec une grande partie des Estoniens, et durant lequel tous se sont mit à chanter l’hymne national, allant ainsi contre leurs droits. Mais les soldats les ont, pour une fois, laissé faire sans intervenir. Cet acte de rébellion, ainsi que tous les autres qui ont suivis, a sans doute aidé à la déclaration de l’indépendance des pays baltes.

Ce jour-là, les Estoniens ont perpétrés le festival de la chanson, qui a lieu tous les 5 ans depuis 1869 et durant laquelle des milliers de personnes reprennent l’Hymne National en cœur, et où des spectacles de danses traditionnelles viennent égayer la soirée.

Ca donne envie de voir ça !

En 1989, Ivo et Mari-Anne ont également participés à la « Voie Balte ». Il s’agit d’une immense chaîne humaine partant de Tallinn et s’étendant jusqu’à Vilnius, la capitale Lituanienne, créée dans le même but : l’indépendance.. Entre 1,5 millions et 2 millions de personnes se sont unies ce jour-là afin de créer une chaîne d’environ 500 kilomètres.

Durant cette soirée de remémoration historique, Mari-Anne nous explique également l’histoire de sa famille déportée durant la guerre, et dont le grand-père s’est engagé dans l’armée afin d’aller secourir sa femme et ses trois enfants envoyés en Sibérie.

Cette soirée restera dans nos mémoires comme l’une des plus émouvantes de notre voyage ! Connaître l’histoire de ces pays alors que jamais nous n’en entendons parler durant notre cursus scolaire est une expérience incroyable ! Et entendre cette histoire par des personnes qui l’ont vécu est encore plus fort.

C’est donc la tête pleine de ces nouvelles connaissances que nous nous endormons, dans une très grande chambre préparée spécialement pour nous !

Le lendemain, Ivo et Mari-Anne nous proposent de nous emmener à l’embarcadère, tandis qu’Hendrik part pour l’école. Sur le chemin, ils nous proposent de nous montrer des parties de la capitale que nous ne connaissons pas encore , dont le parc où a lieu tous les 5 ans la fête commémorative dont ils nous parlaient la veille.

Il n’y a pas grand monde pour l’instant

Nous passons également à côté du château du président, vraiment magnifique. Mais nous ne nous y arrêtons pas, car une file de voitures officielles, dont certaines avec un drapeau Allemand, nous bloquent l’entrée (on apprendra plus tard qu’il s’agissait d’une visite de la Chancelière Allemande Angela Merkel).

Après cette nouvelle superbe matinée passée avec eux, nous faisons nos adieux à Ivo et Mari-Anne au port. Nous avons passé tellement de bons moments avec cette famille, que leur dire au revoir est vraiment dur.

Et lorsque nous montons dans le ferry nous ramenant en Finlande, au milieu d’un bar avec les concerts gratuits s’enchaînant toujours, nous regrettons de ne pas avoir passé plus de temps dans ces pays extraordinaires, et de ne pas avoir eu le temps de découvrir la Lituanie, qui semble également être un superbe pays. Nous y avons fait tellement de rencontres incroyables, et vu tellement de belles choses que le retour en Finlande est difficile.

Mais aucun doute que nous y retournerons un jour !

Le ferry qui nous ramène en Finlande…

Au moins on peut écouter de la bonne musique

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