Notre avancée dans le pays des trolls

Après Bergen, nous continuons notre visite de la Norvège en remontant cette fois-ci la côte ouest du pays. En sortant de la ville, nous monterons dans deux voitures différentes avant de rencontrer Synneva, qui nous conduit normalement jusqu’au petit village de Matre. Se faisant tard, nous lui demandons si elle n’aurait pas une petite place pour nous loger. Sa réponse sera immédiatement positive, et elle nous conduira chez elle afin d’y passer la nuit. Nous ne nous attendions pas à un logement si atypique ! En effet Synneva vit à l’année dans un camping, dans un magnifique chalet au toit végétal située au bord d’un lac. Sortit des campings cars et des caravanes, on pourrait presque se croire dans la « Petite maison dans la prairie ».

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La maison atypique de Synneva

Rien ne distingue son habitation d’une réelle maison : deux chambres, une salle de bain, une grande cuisine, une immense pièce à vivre tout en bois, et surtout une magnifique vue depuis sa terrasse sur la rivière et les montagnes.

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Vue depuis la terrasse…il y en a qui ont de la chance !

Nous nous baladerons un peu afin de visiter les alentours, puis Synneva nous proposera très gentiment de nous servir dans le frigo pour notre repas du soir.

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En amont d’une cascade

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L’intelligence des voyageurs norvégiens…

Nous passerons une soirée très calme en sa compagnie, avant qu’elle ne nous dépose le lendemain matin à plusieurs dizaines de kilomètres, le long de la route principale.

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La généreuse Synneva

Nous monterons ensuite dans la voiture de Sylvie et de son fils Oscar, avec qui nous emprunterons un ferry où nous serons malheureusement obligés de payer. Si nous souhaitons suivre la côte Ouest nous n’avons en effet peu de possibilités d’éviter tous les ferrys qui se présentent à nous. Nous pouvons parfois faire des détours afin de passer par la voie terrestre, mais pas dans ce cas précis. Sylvie et Oscar nous conduiront donc jusqu’au ferry, puis nous continuerons notre route avec eux jusqu’à Forde, où nous ne trouverons rien de particulier à voir.

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La traversée en Ferry obligatoire

Nous irons ensuite jusqu’à Alhus, où nous nous poserons quelques minutes afin de manger, le long d’un lac magnifique, et sous le soleil !

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Le magnifique lac d’Alhus

Nous reprenons ensuite notre route, afin de nous rapprocher du plus grand glacier d’Europe, que nous observons avec envie depuis un moment sur notre carte de la Norvège. Nous atteindrons enfin la zone de Boyabreen en fin d’après-midi, sur un parking où sont déjà rassemblés des dizaines de voitures et de bus de touristes (ainsi que beaucoup de vaches…). Il faut dire que la vue que l’on a du glacier est vraiment exceptionnelle !

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Les vaches du glacier

Nous décidons d’escalader un peu la montagne afin de se rapprocher du glacier, ainsi que de planter la tente pour la nuit loin de la zone touristique. Malheureusement nous aurons tout le mal du monde à atteindre la zone la plus élevée accessible à pied…pour finalement se rendre compte qu’il n’existait aucun endroit plat afin d’y planter notre tente. Nous serons légèrement réconfortés par la découverte d’une géocache plantée au milieu de nulle part dans cette forêt.

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Il fallait la trouver celle-là !

Nous serons donc contraints de redescendre sur le parking, d’où nous essaierons quelques temps de faire de l’auto-stop afin de sortir de cette zone. Mais comme partout en Norvège, les voitures sont rares sur les routes et nous ne verrons qu’une ou deux voitures passer. Nous retournerons donc sur le parking, où nous ferons la rencontre de Lauriane et Fabien, deux français voyageant en camionnette aménagée et qui nous prêteront très gentiment leur douche solaire !

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Fabien, Lauriane et leur douche solaire !

Après leur départ, nous rencontrons de nouveaux français, quatre amis voyageant en camping-car. Nous passerons une très bonne soirée avec eux autour du feu à partager nos repas et à discuter de choses et d’autres.

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Soirée française autour du feu

Puis nous partons planter notre tente, entre deux bouts de rochers très peu pratiques. Malheureusement les rares zones plates sont déjà prises d’assaut par les autres touristes. Et nous pouvions au moins nous réconforter grâce à la très belle vue sur le glacier !

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La belle vue au réveil

Le lendemain, nous enchaîneront beaucoup de voitures afin de nous rendre dans la zone touristique la plus connue du glacier, située au bout d’une route de presque 50km sans aucun village à l’horizon. En tout, nous monterons dans 7 voitures, un moment très fatigant dû au temps d’attente pour quelques kilomètres parcourus à chaque trajet. Mais le jeu en valait la chandelle, lorsqu’après environ une heure de marche sur les rochers et sous un soleil de plomb, nous arrivons en vue du glacier.

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Incroyable vue du glacier

De loin, la couleur bleu ciel et la grandeur de ce géant de glace nous parait incroyable. Et plus nous approchons plus cette sensation est saisissante.

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Ca en valait la peine !

Dommage que cette zone soit tant touristique et que l’on croise des étrangers tous les cents mètres, car la vue est extraordinaire. Ne pouvant l’approcher à cause des barrières de sécurité tendues tout autour, nous en profitons tout de même pour prendre quelques photos de loin, entre deux flots de touristes.

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Souvenir inoubliable !

Nous traversons le torrent sur un pont suspendu vraiment peu rassurant, puis nous reprenons notre chemin dans l’autre sens.

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Il ne faut pas avoir le vertige !

Une fois arrivés au parking, beaucoup de voitures sont déjà parties, et nous sommes à plus de 5km du chemin principal menant à la prochaine ville…nous commençons donc directement le stop avant qu’il n’y ait plus aucune voiture.

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Le marcheur qui médite

Nous serons presque instantanément pris par un couple Belge qui ne nous conduit sur la route principale. Ils nous offriront très gentiment un verre à boire dans le jardin de leur hôtel et nous soutiendront moralement jusqu’à ce que nous trouvions une nouvelle voiture se rendant à Gaupne. Il ne s’agira d’ailleurs pas d’une voiture mais d’une nouvelle camionnette aménagée, avec une famille de deux enfants où nous nous assiérons sur le sol afin de parcourir de nouveau les 50km en direction de la route principale, où nous essaierons directement de frapper aux portes pour la nuit.

Malheureusement ce soir-là, nous essaierons désespérément durant plus d’une heure et demie de trouver un logement, sans recevoir le moindre sourire. Nous accostons une dernière fois un homme en train de faire des travaux sur sa maison, qui à défaut de pouvoir nous loger, nous propose de nous conduire un peu plus loin, dans une zone le long d’un lac où nous pourrons planter notre tente. Mais cette zone sera malheureusement interdite aux campeurs, ce qui ne gênera pas notre chauffeur qui nous y laissera avec un grand sourire.

Légèrement désespéré par ce mauvais plan, et regardant avec inquiétude la nuit tomber, nous tentons de faire de l’auto-stop pour la première fois à une heure tardive. Un jeune homme s’arrêtera, mais ne pouvant nous loger pour ce soir, nous préférons continuer à chercher une autre voiture. Il reviendra pourtant quelques minutes plus tard, très embêté de ne pouvoir nous loger, et nous propose de nous conduire dans un endroit où l’on peut visiblement accéder gratuitement à des douches, et potentiellement planter la tente. Nous le suivons donc sur plusieurs dizaines de kilomètres, pour finalement se rendre compte que les douches dont il nous parlait ne sont pas accessibles, et qu’en plus nous ne sommes une fois de plus pas autorisés à camper dans cette zone…

En désespoir de cause, et dépité par tant de faux plans, nous décidons de poser nos matelas dans un barbecue commun couvert.

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Le barbecue commun de dernière solution

Notre chauffeur nous fera tout de même espérer un toit, en rentrant chez lui afin de demander à ses parents l’autorisation de nous loger, mais comme nous pouvions nous y attendre, il reviendra quelques minutes plus tard avec la mauvaise nouvelle. Ne pouvant lui demander plus que toute l’aide qu’il nous avait déjà apporté très gentiment, nous le laissons partir et nous nous arrangeons un petit coin douillet au milieu du barbecue commun.

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C’est quand même mieux que rien !

Heureusement pour nous, les toilettes publiques resteront ouvertes toute la nuit, ce qui nous permettra de nous laver un peu. Nous mangerons à la lumière des bougies et autour des jeux de cartes, et le lendemain nous aurons le grand plaisir de découvrir une vue magnifique sur les montagnes norvégienne (ainsi qu’une accumulation impressionnante d’araignées sur le sol !).

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Au moins on a la belle vue au réveil

C’est quelque peu fatigués que nous déposons nos sacs au bord de la route afin de reprendre le stop. Si l’on peut appeler cela une route… Nous ne verrons qu’une voiture toutes les 10 à 15min. Heureusement nous n’attendrons qu’une heure avant qu’un homme ne nous dépose à Turvalo, où la malchance continuera de nous poursuivre, puisque nous passerons presque une heure sous la pluie et le froid à attendre une voiture. En effet nous sommes désormais au même niveau que la neige, et nous pouvons sentir le froid dans chaque parcelle de notre peau !

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Le froid et la neige en plein été !

C’est donc trempés et transis de froid que nous montons enfin dans la voiture d’Annalisa qui nous conduit jusqu’à la ville de Lom, et avec qui nous passerons un très bon moment à discuter de nos voyages respectifs.

La ville de Lom est l’une des plus touristiques que nous ayons vu jusqu’à présent en Norvège. Difficile de comprendre pourquoi jusqu’à ce que nous pénétrions dans le jardin de l’église en bois de la ville, vraiment magnifique (avec une couleur différente sur les deux façades).

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D’un côté…

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…et de l’autre

Nous reprenons notre route en direction de Geiranger, Fjord mythique de Norvège. Connaissant l’aspect purement touristique de ce village côtier, nous voulons nous arrêter pour dormir quelques kilomètres avant, et ainsi visiter ce fjord à tête reposée le lendemain matin. Malheureusement nous apprenons très vite que nous sommes déjà allés trop loin, et qu’il n’y a désormais plus aucun village avant Geiranger (pourtant situé à plusieurs dizaines de kilomètres). Nous suivons donc un homme qui nous conduit sur une route perpendiculaire, d’où nous pourrons faire demi-tour le lendemain.

Nous sommes déposés dans le minuscule village de Hjelle, où notre choix en termes de logement se limite à quelques dizaines de maisons. C’est donc désespérés par cette nouvelle galère en perspective que nous commençons nos recherches. Et pour la première fois depuis quelques jours, la chance nous sourira enfin, puisque nous aurons l’autorisation de planter la tente dans le jardin de la première maison où nous frapperons. Nous discuterons seulement quelques instants avec Leif et Brente, avant qu’ils ne nous laissent seuls pour le restant de la soirée. Et c’est seulement après avoir installé notre tente que nous aurons la très bonne surprise de les voir réapparaitre, avec à la main la clé de leur guest house qu’ils nous ouvriront pour la nuit, avec en prime un accès à la très belle salle de bain aménagée au sous-sol de la maison ! Quel plaisir de dormir enfin dans un vrai lit après tous ces ennuis ! Nous apprécierons d’autant plus cette incroyable chance grâce à la vue incroyable offerte par cette guest house, ainsi que par le plaisir d’observer de l’intérieur la terrible tempête qui sévira cette nuit-là.

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On n’a pas la chance d’avoir une vue comme ça tous les jours…

C’est donc reposés et avec de nouveau un moral d’acier que nous reprenons enfin notre route en direction de Geiranger. Nous atteindrons ce Fjord grâce à une famille de chinois très gentille, qui nous interpellera de l’autre côté du chemin, où ils s’étaient arrêtés prendre des photos, afin de savoir où nous souhaitions nous rendre.

Nous emprunterons la route des trolls, constituée de dizaines et de dizaines de lacets consécutifs plus impressionnants les uns que les autres, et descendant en pente raide vers le village de Geiranger, situé dans une cuvette. Vu de haut, le Fjord le plus touristique de Norvège nous apparait comme une œuvre incontestable de la nature. Vu d’en bas, nous nous rendons seulement compte de ce que « village touristique » signifie dans ce pays.

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Un des fameux trolls norvégiens

Imaginez un village minuscule perdu au centre d’une cuvette entourée par les montagnes, avec des dizaines de bus de touristes débarquant toutes les heures et laissant descendre des représentants de toutes les nationalités. Imaginez des bateaux de croisières plantés en plein milieu du Fjord, juste devant le port, et qui vous empêchent de profiter de la vue magnifique que vous pourriez avoir. Imaginez des campings par dizaines, plus de boutiques de souvenir, de restaurants et d’hôtels que d’habitations dans ce village. Imaginez-vous chercher un banc pour vous asseoir, et découvrir qu’il n’en reste plus un seul de libre (et si vous en voyez un, vous êtes obligés de courir pour être sûr de pouvoir l’avoir en premier).

Si vous vous imaginez tout ça, alors vous savez ce qu’est Geiranger.

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Affluence de touristes à Geiranger

Nous réussissons tout de même à nous éloigner légèrement du centre afin de prendre quelques photos, qui ne représentent que très peu la beauté de ces paysages de Fjords, que nous avons déjà eu l’occasion d’observer et que nous retrouverons de nombreuses fois après ce passage à Geiranger. Nous sommes pourtant très déçus de ne pouvoir apprécier cette visite, car nous savons qu’elle n’aurait pas été la même sans tout ce monde ! Le Fjord paraît être vraiment magnifique lorsqu’il est au naturel !

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Magnifique petit port

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Attention aux inondations

Mais nous sommes en plein été, donc rien de plus normal. Nous n’y resterons qu’une heure, avant de nous éloigner à bord d’une voiture serbe, avec qui nous emprunterons la seule autre route permettant de quitter Geiranger, et serpentant sur la montagne comme à notre arrivée. Nous laissons derrière nous le Fjord et son flot de touristes, et continuons notre montée vers le Nord, avec cette fois-ci en ligne de mire la route de l’atlantique et les mythiques îles Lofoten.

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Une des seules belles vues du Fjord de Geiranger

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