New York, la frénétique

Notre retour aux Etats-Unis, après avoir passé un mois et demi au Canada, nous porte un coup au moral. Nous traversons avec angoisse la frontière située sur le pont enjambant les mythiques Chutes du Niagara, puis nous trouvons une voiture qui nous emmène directement à Buffalo, notre destination du soir. Cet homme nous mets tout de suite dans l’ambiance. Il nous prévient : « ne montez jamais dans la voiture d’un noir, vous vous feriez dépouiller ». Le ton est donné. Cette réflexion raciste nous mets mal à l’aise, et poursuit nos pensées tandis que nous rejoignons le centre-ville de Buffalo, dans la voiture d’Ondra, notre hôte Couchsurfing pour deux nuits, qui a eu la gentillesse de venir nous chercher à l’entrée de la ville.

Elle vit dans un quartier particulièrement pauvre, à quelques rues seulement de demeures luxueuses de plusieurs centaines de mètres carrés, bien cachées derrière leurs grands portails impénétrables et leurs caméras de surveillance. Buffalo est LA ville stéréotypée que l’on imagine parfaitement lorsque l’on regarde la télévision française. Deux mondes séparés par un simple trottoir et une rue passante.

Dans le quartier d’Ondra, les maisons sont délabrées, les rues sales et les habitants un peu effrayants parfois. Nous sommes bien contents d’avoir un toit pour la nuit, même si nous passons très peu de temps avec notre hôte. Elle est gentille mais ne parle pas beaucoup, et nous laisse seuls pour la soirée, en compagnie de son élevage de cafards dans un terrarium qu’elle cache soigneusement dans son placard pour éviter que son propriétaire ne tombe dessus. Elle passe la soirée à un festival organisé dans le centre-ville et ce n’est que tard dans la nuit qu’elle rentre, alors que nous dormons déjà.

Le matin, elle est déjà partie lorsque nous nous réveillons. Comme nous n’avons aucune idée de l’heure à laquelle elle a prévu de rentrer, nous l’attendons un moment, puis décidons finalement de partir visiter la ville en fin de matinée. Bien mal nous en prendra ! Nous nous sommes rarement sentis autant en insécurité. Les regards portés sur nous ne sont pas amicaux. Personne ne nous salue, on se retourne simplement sur nous par curiosité malsaine.

Pour couronner le tout, la ville est totalement dénuée de charme, et les seuls personnes que l’on croise sur la place centrale sont des drogués qui crient à tue tête des paroles incompréhensibles. Buffalo ressemblerait presque à une ville fantôme. Nous ne nous attardons pas dehors, et pour passer le temps nous nous installons dans un Wendy’s pour manger des glaces et aller sur internet.

La place centrale de Buffalo

Nous retournons chez Ondra en fin d’après-midi, et comme elle n’est toujours pas là nous nous préparons à manger. Elle ne rentre que tard dans la soirée, et nous ne parlons que quelques minutes avant de rejoindre chacun notre lit. Nous n’avons pratiquement pas passé de temps avec elle, mais nous lui sommes reconnaissants de nous avoir offert un toit en sécurité pour la nuit. Même si à refaire, nous ne nous arrêterions certainement pas dans cette ville !

Nous ne la revoyons pas non plus le lendemain matin avant de partir. Ce jour-là nous avons 250km à parcourir pour rejoindre Syracuse (rien à voir avec la chanson de 1963 qui parle d’une ville du même nom : celle-ci se trouve en Sicile) où nous attends un nouvel hôte Couchsurfing. Nous rejoignons à pied une insertion pas très loin, d’où nous montons à l’arrière d’une camionnette, à-même le sol, heureusement pour quelques kilomètres seulement. Les conducteurs ne nous emmènent qu’à l’autre bout de la ville, sur la bonne route qui mène à Syracuse.

Mais Buffalo semble décidément vouloir s’acharner sur nous. Après plus de deux heures d’attente sur le bord de la route, nous tentons de faire de l’auto-stop actif dans une station service. Nous sommes particulièrement mal reçus par les automobilistes qui ne nous accordent aucune attention et semblent vouloir nous fuir comme la peste. Nous reprenons donc notre emplacement sur le bord de la route, et après une nouvelle heure d’attente nous trouvons enfin une voiture qui va jusqu’à destination ! L’homme qui la conduit est vraiment très gentil et propose de faire un détour pour nous conduire directement devant la porte de la maison de Brad, en plein milieu de nulle part. Notre esprit peine à quitter le mauvais souvenir de Buffalo, et ce n’est qu’au bout d’un certain temps que nous ouvrons les yeux pour découvrir le paysage qui nous entoure. Cette Amérique là est tout aussi stéréotypée que celle que nous venons de quitter, mais dans un style totalement différent.

La maison de Brad est une maison en bois typique Américaine des années 1800, avec le drapeau national flottant fièrement sur le long porche, où l’on imagine très volontiers notre hôte s’y reposant sur un rocking chair.

Autour, des champs s’étendent à perte de vue, sur lesquels on aperçoit parfois au loin une belle et grande maison. Les voisins ici ne sont pas dérangeants !

Cette Amérique là nous plaît. On se sent apaisés, et après notre première expérience dans l’Est Américain, cette parenthèse au milieu de la nature est la bienvenue.

Brad est particulièrement accueillant et bienveillant avec nous. Il nous laisse nous installer à l’étage de la maison qu’il est en train de rénover. Nous avons une gigantesque chambre en mezzanine, et même une salle de bain privée ! Les centaines de vinyles et les dizaines de juke-box qui parsèment la chambre et le salon nous attirent particulièrement.

Nous discutons beaucoup avec cet ancien vétéran qui nous fait nous sentir tout de suite comme à la maison. Le soir, il nous prépare des macaronis au fromage, des nuggets de poulet et du maïs au micro-onde…un vrai repas d’étudiant !

Nous ne devions dormir qu’une seule nuit chez lui, mais il nous propose gentiment de rester autant de temps qu’on le souhaite. Nous ne devons être à New-York que dans 3 jours, nous en profitons donc pour rester une nuit de plus et nous reposer. Il faut profiter au maximum de la campagne, puisque nous devrons définitivement la quitter dans quelques centaines de kilomètres…

Dans l’après-midi, Brad nous emmène faire des courses. Cette fois-ci, c’est nous qui préparons le repas du soir pour remercier notre hôte de sa gentillesse. Le rendu n’est pas si mal que ça…

Le lendemain matin (assez tard), Brad nous conduit sur une insertion d’autoroute à plusieurs dizaines de kilomètres de chez lui. Nous avons vraiment passé un très bon moment avec lui et nous reposer un peu à la campagne nous a fait du bien. Nous sommes parés à affronter la frénésie de la ville. Mais on va y aller doucement, nous avons plusieurs jours à passer sur la route avant d’arriver à New York.

Ce soir-là nous sommes attendus à Scranton, à seulement 200km de Syracuse. La tâche parait simple pour si peu de kilomètres, mais il n’en est rien. Nos chauffeurs persistent à nous déposer systématiquement dans des endroits où les voitures sont quasi inexistantes, et où nous attendons de longues heures avant de pouvoir reprendre la route. Bien sûr, la majeure partie du temps ils n’ont pas le choix, car ils doivent sortir de l’autoroute et nous laissent un peu avant d’emprunter le péage.

Mais l’un d’eux nous fait prendre de très gros risques. Il passe sans s’arrêter à côté d’une aire d’autoroute parfaite, remplie de magasins et de stations services, où de nombreux automobilistes s’arrêtent pour faire une pause repas. Au lieu de ça, il propose de nous emmener un peu plus loin, à un endroit « parfait pour faire l’auto-stop » semblerait-il. On n’a pas trop le choix, donc on attend en grinçant des dents. Quelques minutes plus tard, on comprend que le spot de rêve de notre chauffeur n’est autre que la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute… Lorsqu’on lui explique qu’il ne doit surtout pas nous laisser là, que c’est beaucoup trop dangereux et que de toute façon ça ne fonctionnerait pas, il semble réellement surpris. Nous le sommes encore plus. Il consent tout de même à nous emmener un peu plus loin…sur une insertion de nouveau totalement vide.

Nous essayons de faire le deuil de la magnifique aire d’autoroute qui semble encore nous faire de l’œil quelques kilomètres derrière nous, et tentons de reprendre l’auto-stop avec le peu de voitures qui passe. Heureusement nous avons beaucoup de chance et la première voiture nous emmène directement à Scranton !

Nous y faisons la connaissance de Randy et Tiffany qui nous accueillent pour une nuit. Randy travaille de chez lui et nous fait découvrir son commerce florissant : la vente de jus de fruits faits maison. Il nous fait goûter à plusieurs de ses créations. Nous ne sommes pas particulièrement adeptes des mélanges trop complexes, mais il faut bien avouer que le rendu est assez bon.

Nous passons une bonne soirée avec ce couple atypique, autour d’un repas qu’ils ont préparé rien que pour nous. Le soir, nous rejoignons notre lit pour la nuit : le canapé pour Julien et le matelas gonflable pour moi. La galanterie, ce n’est vraiment plus ce que c’était…

Le lendemain matin nous partons avec eux vers 11h. Ils nous déposent à un très bon spot, au bord d’une insertion d’autoroute très passante. Nous n’avons vraiment pas passé beaucoup de temps avec eux et c’est dommage, on aurait sans doute eu beaucoup de choses à partager.

La première voiture de la journée est conduite par un homme qui nous a beaucoup marqué, alors que nous ne connaissons même pas son nom. Il a une trachéotomie (un trou dans la trachée pour l’aider à mieux ventiler ses poumons) et doit parler à l’aide d’un tube qu’il met dans sa bouche. La voix robotique qui en sort nous fait ressentir une certaine empathie pour cet homme si gentil, même s’il a dû subir cette opération à cause d’un excès de consommation de cigarettes, et qu’il continue malgré tout à fumer en positionnant sa cigarette dans le trou de sa trachée… Pas sûr que l’opération soit vraiment efficace vu l’utilisation qu’il en fait.

Au total nous montons dans 4 voitures ce jour-là…pour à peine 160 km parcourus. Nous rejoignons la ville de Madison, l’étape du jour, dans la voiture de deux Jamaïcains adorables. Ils sont complètement fous et n’en reviennent pas de notre parcours. D’après eux, nous pourrions obtenir un « record du monde » pour tous les kilomètres que nous avons parcourus en auto-stop en Amérique du Nord. Visiblement, ils n’ont pas rencontré beaucoup de Tourdumondistes….

Pour notre séjour à Madison nous restons sur une valeur sûre, notre meilleur ami du moment : Couchsurfing. Grâce à lui nous retrouvons Allana, notre hôte pour une nuit, après avoir fait une petite balade dans le centre-ville de Madison, assez mignon pour une ville Américaine.

Allana vit en demi sous-sol dans un appartement immense, dont une grande partie du salon est prit d’assaut par une cage. On n’y trouve pas de doux lapins ou de beaux oiseaux colorés, non, non ! Cette cage-là, c’est plutôt pour ses rats de compagnie. Nous ne sommes pas forcément à l’aise avec ces bestioles, mais après l’élevage de cafards d’Ondra à Buffalo, on s’adapte à tout ! J’arrive même à m’approcher pour en caresser un du bout des doigts. Julien préfère rester en retrait, juste au cas où…

Comme malheureusement très souvent depuis que nous avons repassé la frontière des Etats-Unis, nous ne passons que très peu de temps avec notre hôte. Allana a un coup de téléphone professionnel très important à donner. C’est vraiment dommage car si ses discussions étaient aussi chaleureuses que son accueil, nous aurions sans doute passé un très bon moment avec elle. Nous mangeons seuls et passons la soirée dans le salon, où se trouve également le canapé sur lequel nous installons nos sacs de couchage (tous les deux cette fois). Si ça peut vous rassurer, les rats ne sont pas venus nous rendre visite pendant la nuit !

Le lendemain matin, Allana part au travail assez tôt et nous dépose sur les coups de 8h le long de la route menant à New York. Cette fois ça y est, on y est ! New York est face à nous, à seulement une petite soixantaine de kilomètres. On ne sait pas à quoi s’attendre, et il faut bien avouer que l’on redoute de se retrouver dans une si grande ville.

Heureusement, Allana nous a déposé sur une route très passante et il ne faut que quelques minutes avant de monter dans un véhicule. Mais ce n’est pas une voiture. Il s’agit du bus faisant la liaison entre la gare de Madison et New York. Après un petit temps d’hésitation pendant lequel on essaye d’expliquer qu’on n’a pas d’argent, le chauffeur nous fait comprendre que c’est bien pour nous prendre en auto-stop, et donc gratuitement, qu’il s’est arrêté. Nous le remercions chaleureusement, même si nous sommes un peu mal à l’aise vis à vis du seul autre passager du bus qui a sans aucun doute payé sa place…Sans compter que nous nous attendons à tout moment à ce que le chauffeur change d’avis et nous demande finalement un peu d’argent pour le trajet.

Mais il n’en est rien et nous roulons au ralenti vers le centre-ville de New York, pris dans des embouteillages monstres. Quelle était la chance pour que le terminus du bus soit en plein cœur de Manhattan, juste à côté de Time Square ? Il n’est donc que 10h lorsque nous atteignons le centre-ville de New York, sans aucun problème particulier. Notre séjour dans la « Big Apple » commence de la meilleure façon possible.

New York est exactement telle qu’on l’avait imaginée : des écrans publicitaires géants, des immeubles qui tutoient le ciel, tellement enchevêtrés que la lumière du jour peine à se faire une place sur les trottoirs, une marée humaine, des bruits et des lumières qui agressent nos sens avec une telle violence que nous en sommes étourdis. Nous nous installons sur un banc pour prendre le petit déjeuner le plus bruyant que l’on ait jamais connu, avant de faire un tour rapide du quartier. Nous allons rester 3 nuits à New York, et nous préférons attendre les jours suivants pour visiter tranquillement la ville sans les sacs à dos.

En fin de matinée nous prenons le métro pour rejoindre le quartier de Williamsburg, dans l’arrondissement de Brooklyn, où nous avons pu dénicher un AirBnB, à défaut d’avoir réussi à trouver un contact via Couchsurfing. Il s’agit d’un hostel avec chambre privée, mais où la cuisine et la salle de bain sont communes. Nous y restons manger avant de repartir vers le centre-ville à pied, nos dos libérés du poids des gros sacs. Nous sommes en plein cœur du quartier Juif, et nous croisons de nombreuses personnes habillées en tenue traditionnelle, adultes et enfants. C’est étonnant mais très sympathique de croiser leurs visages souriants.

Sous une chaleur accablante, nous passons sur le mythique et magnifique pont de Brooklyn, tout de bois vêtu, qui enjambe d’East River et permet de relier les arrondissement de Manhattan et de Brooklyn.

Quelques photos souvenirs prises entre deux autres groupes de touristes, puis nous reprenons notre chemin vers le centre-ville.

Nous restons un moment à nous reposer dans un parc, puis nous prenons le chemin du retour vers Williamsburg, sous le regard de l’Empire State Building et de nombreux autres qui nous écrasent de leur hauteur.

Le lendemain nous traversons le pont de Williamsburg pour nous rendre au port situé au sud de l’île de Manhattan.

Sur le chemin on passe à côté de Ground Zero, le monument créé en souvenir des personnes décédées lors des attaques du 11 septembre 2001, à l’endroit précis où se trouvaient les World Trade Center. Cet évènement a profondément bouleversé le pays mais aussi le monde tout entier, et on sent une pointe de tristesse en lisant les centaines de noms qui s’étalent en lettres noires tout autour des anciennes tours.

Puis nous reprenons notre chemin vers le port, en passant à côté de buildings tout aussi mythiques, mais pas forcément pour les bonnes raisons…

La Bourse de Wall Street

Il existe de nombreux bateaux qui proposent de faire le tour de « Liberty Island », l’île sur laquelle se trouve le symbole des Etats-Unis : la Statue de la Liberté. Mais ces bateaux touristiques sont hors de prix. Nous avons donc choisi une toute autre solution pour nous approcher de ce monument incontournable : prendre le ferry gratuit menant à Staten Island. Tout simplement parce que ce ferry passe juste à côté de la Statue de la Liberté… Une petite « entorse au règlement » qui nous permet d’économiser une certaine somme, mais de profiter tout de même de la visite.

Une fois sur Staten Island, nous reprenons directement le ferry dans l’autre sens. Nous n’avions finalement rien à faire sur cette île…

Concernant la Statue de la Liberté, nous étions obligés d’aller la voir. Ne pas y aller aurait été comme de visiter Paris en évitant de passer devant la Tour Eiffel. Pourtant, ce n’est pas forcément ce que nous retiendrons de New York. Les attractions touristiques d’une ville ne sont pas forcément ce qu’il y a de mieux à voir…

Après cette belle journée passée sur les rives de l’Hudson, nous entamons le long, très long chemin du retour vers notre logement. En tout nous avons marché plus de 20km et nous sommes exténués lorsque nous rejoignons enfin notre chambre en fin d’après-midi.

Et pourtant, ce n’est pas terminé. Pour notre dernier jour à New York nous décidons de nous rendre dans un lieu mythique : Central Park. Le chemin est long, et nos jambes, encore fatiguées de la veille, peinent à reprendre le rythme. Lorsque nous atteignons enfin l’entrée du Parc, nous partons directement à la recherche d’un banc pour nous asseoir et manger, en compagnie d’animaux tout à fait incongrus en plein centre de l’une des plus grandes villes du monde.

Nous passons toute l’après-midi dans ce parc gigantesque de plus de 3 km², que nous traversons entièrement du Nord au Sud. Bon d’accord, on s’est aussi un peu perdu dans le dédale des allées serpentant à travers les arbres qui se ressemblent tous. Mais ce n’est pas une raison ! Il y a vraiment beaucoup de choses à voir à Central Park.

C’est un parc vraiment hétéroclite dans lequel on trouve de grands terrains de base-ball où des équipes s’entraînent, de très grands lacs sur lesquels on peut visiblement faire de la barque (mais à condition de ne pas avoir peur de percuter quelqu’un), des forêts etc…

Nous qui n’avons pas particulièrement apprécié notre visite de New York pour le moment, nous sommes très agréablement surpris par ce parc que l’on découvre avec beaucoup de plaisir. Il est tellement long que l’on distingue à peine les buildings au loin. On pourrait presque se croire à la campagne !

Statue du chien Balto, célèbre pour sa participation au rapatriement en traineau de médicaments anti-diphtérique pour combattre une épidémie en Alaska en 1924

Ah bah non finalement, il y a un peu trop de monde pour que ce soit la campagne…

Mais bien sûr, le repos n’est que de courte durée. A l’instant où nous quittons Central Park et atterrissons sur Broadway, la cohue nous rattrape instantanément. La différence avec le calme du parc est vraiment saisissante, comme si nous avions passé les portes d’un autre monde, et que le volume sonore avait été augmenté d’un coup. Nous remontons la rue de Broadway pour retourner une dernière fois à Times Square avant de partir.

En plein mois d’août, on s’attendait à trouver une foule impressionnante de touristes durant notre séjour dans la ville, qui est déjà la plus peuplée des Etats-Unis. Et pourtant, rien ne nous préparait à ce que nous allions vivre ce soir-là, un dimanche, à Times Square.

Jamais notre vue n’a été aussi bouchée qu’à cet instant là, même lorsque nous étions à Tokyo. On se prend les pieds dans des trottoirs que l’on avait pas vu à cause du manque de vision, on percute les épaules des personnes que l’on croise, et tout ça avec les coups de klaxons incessants et les lumières des écrans géants qui nous surplombent. Agoraphobes s’abstenir !

Pour nous rendre compte de l’ampleur de la foule, nous montons sur un escalier en promontoire qui ne mène à rien, et qui permet juste de prendre de la hauteur en plein centre de Times Square. Vu d’en haut, c’est encore plus impressionnant.

Fatigués par cette explosion visuelle et sonore constante, nous prenons le métro en fin de journée pour rejoindre le calme salvateur de notre chambre.

C’est la dernière nuit que nous passons à New York. La dernière nuit aux Etats-Unis. La dernière nuit en Amérique du Nord. La dernière nuit avant de nous rapprocher franchement de la maison. Il est vraiment difficile de savoir ce que l’on ressent. Un soulagement de quitter New York, une excitation à l’idée de rentrer à la maison. Mais surtout une tristesse infinie d’arriver à la fin du voyage.

Nous ne voulions pas prendre un avion pour rentrer directement à Paris. Cette fin n’aurait pas été à la hauteur du voyage que nous avons entrepris. Nous voulions terminer ce voyage dans les règles de l’art : par des rencontres et de l’auto-stop. Pour faire durer un peu le plaisir nous avons donc choisi de prendre un billet d’avion pour un dernier pays avant de rentrer en France : le Royaume-Uni. Mais on ne va tout de même pas arriver à Londres, la France serait déjà beaucoup trop proche ! Non non, nous ce qu’on veut, c’est passer encore deux semaines sur les routes. C’est donc pour l’Ecosse que nous nous envolons le lendemain soir, après avoir passé la journée à rejoindre l’aéroport de Newburgh en métro et en bus, sous une pluie torrentielle.

C’est la classe non ?

Quitter les Etats-Unis ne nous perturbe pas vraiment. Nous n’avons pas particulièrement apprécié cette partie du pays (hormis les rencontres que nous y avons faites, bien sûr). Mais quitter l’Amérique du Nord dans son ensemble nous rend nostalgiques de ces deux longs mois que nous y avons passé. Nous avons vu tellement de choses et fait tellement de rencontres qu’il nous semble impossible de tous se les remémorer. Le voyage touche à sa fin, mais nous espérons profiter avec plaisir des quelques jours qu’il nous reste avant de rentrer en France. Même si avec la fatigue qui ne nous quitte plus, on pourrait se demander pourquoi on s’inflige encore ce temps supplémentaire…

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