Tabarnak, nous voici au Québec !

Notre premier contact au Québec est une famille française expatriée à Saint-Hyacinthe, à une soixantaine de kilomètres à l’Est de Montréal. Il s’agit une fois de plus d’un contact donné par les voisins des parents de Florine, directeurs du Festival de Montoire, et qui nous ont déjà permis de faire de magnifiques rencontres au Japon, ou encore en Indonésie. Cette fois-ci c’est chez une de leurs amies d’enfance, Nathalie, que nous sommes accueillis à bras ouverts. Elle vit depuis presque 20 ans dans une magnifique maison à la campagne avec vue sur les champs, avec son mari Jean-Philippe et leur fils Aymeric.

Nous nous sentons tout de suite à l’aise avec cette famille au grand cœur, comme si nous nous connaissions déjà, que notre contact commun nous rapprochait.

Comme nous passons plusieurs jours avec eux, nous prenons le temps de nous reposer le lendemain de notre arrivée. Nathalie nous dépose dans le centre-ville de Saint-Hyacinthe l’après-midi, après nous avoir emmené découvrir le centre d’accueil pour émigrés où elle est bénévole.

Le centre de Saint-Hyacinthe n’est pas très grand, mais sympathique, sans être exceptionnel.

En fin de journée, Nathalie nous dépose avec Aymeric à Saint-Jean-de-Richelieu pendant qu’elle est occupée à son deuxième emploi (non bénévole cette fois) : la vente d’assurances à domicile. Nous restons une heure à discuter avec lui, apprendre à connaître ce jeune timide, tandis que l’eau s’écoule paisiblement à nos pieds, sous l’une des écluses du Canal de Chambly.

Puis nous passons la soirée autour d’un barbecue avec l’un de leurs amis français. Nous apprenons beaucoup de choses sur Saint-Pierre-Et-Miquelon, d’où est originaire Jean-Philippe.

Le lendemain, après une courte nuit, nous reprenons exceptionnellement la direction de l’Ouest. Voilà plus d’un mois que nous nous dirigeons uniquement vers l’Est (hormis la petite exception pour fuir le gros méchant ours dans le Manitoba…). Revenir sur nos pas est toujours une sensation étrange, comme si nous voulions repartir en sens inverse pour finalement ne jamais rentrer à la maison. Mais nous n’avons pas vraiment le choix, puisqu’à notre arrivée au Québec nous avons simplement traversé Montréal, la capitale du Québec (tout en subissant malgré tout les gros embouteillages…) et il est temps d’y retourner pour visiter cette ville mythique. Surtout que nous avons la chance de pouvoir à nouveau dormir chez Nathalie, Jean-Philippe et Aymeric le soir. Nous pouvons donc passer la journée sans nos sacs à dos, et notre corps nous en remercie !

Nathalie nous dépose à Longueil, avant de se rendre à un rendez-vous professionnel. Comme il nous semble impossible de faire de l’auto-stop aussi proche du centre-ville de Montréal, nous choisissons de prendre un ticket de métro. 6 dollars par personne pour l’aller-retour, on peut se le permettre.

Pour la deuxième fois depuis notre entrée au Canada, nous tombons vraiment sous le charme d’une grande ville (la première étant Ottawa), nous qui préférons habituellement la campagne et le calme.

 

Montréal est particulièrement bien entretenue. Même si certains bâtiments peuvent paraître austères, d’autres sont beaucoup plus majestueux et rendent agréable notre déambulation dans ses rues.

Au détour de l’une de ces rues, on tombe par hasard sur le fameux festival « Juste Pour Rire », que l’on connaît si bien en France, notamment grâce à l’émission « La France a un incroyable talent ». Dommage, les animations ne commencent qu’à 17h. Comme nous devons reprendre le métro et trouver une voiture pour rentrer à Saint-Hyacinthe en fin d’après-midi, nous ne pouvons pas rester aussi tard. Tant pis, on peut au moins se consoler avec la mascotte du festival.

Nous passons un moment très agréable, surtout qu’il n’y a pas grand monde ce jour-là. On ne comprend vraiment pas pourquoi d’ailleurs, nous sommes en plein mois de Juillet !

Petit rappel parisien…

Le tour de la ville est malgré tout assez rapide, nous reprenons donc le métro jusqu’à Longueil en début d’après-midi, puis nous trouvons très rapidement une voiture pour nous ramener à Saint-Hyacinthe. Il s’agit d’une mère et de ses deux filles qui nous laissent leur contact, pour peut-être nous loger à notre passage dans la ville de Québec ! Affaire à suivre…

Nous retrouvons avec grand plaisir nos hôtes pour une nouvelle soirée très amicale, autour d’un bon repas et devant le très bon film « Big Hero 6 ».

Nous restons finalement une journée de plus à Saint-Hyacinthe. On a toujours peur de déranger lorsqu’on reste trop longtemps au même endroit. Mais comme souvent au Canada, nos hôtes semblent vraiment heureux de nous garder encore un peu avec eux. Nous profitons de cette journée supplémentaire pour nous reposer, et faire des demandes Couchsurfing pour la ville de Québec, puisque notre chauffeur de la veille nous a finalement envoyé un message pour nous dire qu’elle ne peut pas nous accueillir. Mais cela ne pose aucun problème puisque nous recevons une réponse positive très rapidement.

Pour couronner le tout, Nathalie et Jean-Philippe nous font la très grande surprise de nous conduire jusqu’à Québec, à 200km de là ! En effet comme chaque année la ville organise une frégate de voiliers ce week-end là, et ça fait un moment qu’ils rêvent de s’y rendre. C’est donc l’occasion rêvée, pour eux comme pour nous ! Nous allons pouvoir passer encore un peu de temps avec cette famille qui nous a tant offert.

Malheureusement, Aymeric ne vient pas avec nous. Nous lui disons donc au revoir à travers la vitre de la voiture, tandis que nous nous éloignons de nouveau vers l’Est le lendemain matin, après avoir passé 4 nuits à Saint-Hyacinthe.

Nous nous garons un peu à l’extérieur du centre de Québec vers 10h, avec toute la journée devant nous pour découvrir cette ville qui nous semble déjà exceptionnelle de loin. Et lorsque l’on descend les très nombreuses marches menant au port, nous sommes instantanément subjugués par la beauté du Château de Frontenac surplombant la mer, aujourd’hui transformé en hôtel.

Et pourtant, nous n’étions pas au bout de nos surprises, loin de là !

Avant de partir vers les rues piétonnes, nous décidons de nous rendre directement à la frégate. Le ponton est noir de monde, on peine réellement à circuler.

Nous avons la possibilité de visiter l’ensemble des voiliers, mais la plupart demandent une heure d’attente voire plus ! Nous n’en visitons donc que trois. Mais cela suffit amplement. Ces trois bateaux sont plus magnifiques les uns que les autres, et on aurait presque envie de devenir moussaillon afin de prendre la mer avec eux !

Tous les quatre nous avons l’impression de redevenir des gosses, qui viennent de voir leurs jouets favoris transformés en grandeur nature. C’est une expérience inoubliable.

Puis, nous entrons dans le centre historique de la ville. Nous en restons sans voix. Il est si différent de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent au Canada !

Nous qui sommes bretons d’origine (grâce à nos grands-parents) mais surtout de cœur, nous avons l’impression de retrouver nos racines, de pénétrer dans une petite ville bretonne typiquement médiévale.

C’est vraiment la plus belle ville que nous ayons vu dans cette partie du monde. Et pourtant, on ne pensait pas trouver mieux qu’Ottawa ou Montréal…

Nous nous baladons un long moment à travers les ruelles pavées en pente plus ou moins raide, cherchant à se frayer un chemin à travers la foule qui semble nous avoir suivi depuis la frégate.

Jour de fête oblige, nous trouvons de nombreux petits spectacles de rue, et nous nous arrêtons profiter un peu du talent et de la bonne humeur de certains.

Ce n’est que vers 17h que nous retournons finalement à leur voiture afin de chercher nos affaires restées dans le coffre et nous dire au revoir. C’est le cœur lourd que nous les voyons s’éloigner en direction de Saint-Hyacinthe. Nous avons passé 4 jours merveilleux avec cette adorable famille, et nous garderons contact avec elle sans hésiter à notre retour en France ! Si nous devions un jour retourner au Québec, nous saurions chez qui nous rendre en priorité.

Nous retournons vers le centre-ville à pied afin de rejoindre la maison de notre hôte pour 3 nuits : Jimmy. Avec son fils Charlie ils vivent dans une belle maison dont l’intérieur fait vraiment penser au style parisien, avec le parquet à chevron qui craque etc… Nous ne passons que très peu de temps avec eux avant qu’ils ne partent pour la soirée. Jimmy et la majorité de ses amis sont réalisateurs, et ce soir-là justement, l’un d’eux prépare un court métrage dans lequel Charlie tient l’un des rôles.

Avant de partir, Jimmy nous a demandé de faire comme chez nous et de nous servir dans les placards pour manger. Cela peut paraître étonnant, mais aux Etats-Unis et au Canada c’est une coutume tout à fait normale à laquelle nous commençons à être habitués.

Nous sortons vers 22h afin d’aller voir le feu d’artifice prévu pour clôturer cette journée de fête. Mais comme nous n’arrivons pas à trouver un bon point de vue et qu’il ne dure qu’une quinzaine de minutes, nous manquons la majorité du spectacle. Dommage, il avait pourtant l’air beau.

Lorsque nous rentrons, Jimmy, Charlie et plusieurs de leurs amis sont déjà là. Nous passons un peu de temps avec eux avant d’aller nous coucher. Jimmy a eu la gentillesse de nous laisser sa chambre afin que l’on puisse se reposer. Nous lui en sommes très reconnaissants car leur soirée se prolonge une bonne partie de la nuit !

Comme nous avons déjà visité tout ce qu’il y avait de plus important à voir à Québec, nous décidons de nous éloigner un peu de la ville le lendemain, afin de découvrir les Chutes de Montmorency, situées à une dizaine de kilomètres de là. Après avoir emprunté une voiture pour seulement quelques centaines de mètres, le temps de traverser un pont interdit aux piétons, nous rencontrons Pascale qui nous conduit directement en haut des chutes ! Elle nous évite ainsi d’emprunter les centaines de marches qui montent au sommet, et pour Florine, dont le genoux est de plus en plus douloureux au fur et à mesure que les mois passent, c’est un soulagement.

Les chutes de Montmorency sont plus hautes que les chutes du Niagara, mais beaucoup moins larges. Pourtant, c’est déjà très impressionnant !

Après avoir mangé un sandwich adapté à l’appétit des Canadiens, nous suivons la foule qui se dirige vers le pont passant au dessus des chutes.

Nous sommes impressionnés par la force du courant et par la magnifique vue que l’on a d’en haut, mais aussi inquiets à l’idée que le pont ne soit pas assez solide pour supporter autant de monde…

La descente par les escaliers est sans doute beaucoup plus simple que si nous avions dû faire le chemin dans l’autre sens, et la vue d’en bas est presque aussi marquante que celle d’en haut.

Après cette belle journée et une nouvelle séance d’auto-stop très simple, nous voilà de retour dans le centre-ville de Québec, où nous nous baladons de nouveau quelques temps avant de rejoindre nos hôtes. Nous faisons la connaissance de Stéphanie, la copine de Jimmy. Avec un de leurs amis nous nous retrouvons sur le toit d’un immeuble où ils possèdent un jardin partagé. Nous y mangeons de bonnes lasagnes préparées par Jimmy, devant un magnifique coucher de soleil inondant la ville de ses lumières oranges.

Pour notre dernier jour à Québec, nous prenons des billets gratuits pour visiter le Parlement, seul bâtiment qu’il restait à cocher sur notre liste. Comme la visite est forcément guidée nous n’avons pas le choix. Nous sommes dans un groupe d’une vingtaine de personnes, et comme la visite est en français mais avec un fort accent Québécois, on a un peu de mal à tout comprendre.

La visite dure un peu plus d’une demi-heure. Nous découvrons de très belles salles colorées, où les clins d’œil à l’Angleterre et à la Reine Elizabeth II sont omniprésents.

Nous apprenons par ailleurs que le Français est la seule langue officielle du Québec, chose que l’on ignorait totalement ! Le Québec semble être une région du Canada particulièrement indépendante.

L’après-midi nous restons à nous reposer chez nos hôtes. Puis, après avoir passé notre dernière nuit à Québec, nous quittons Jimmy, Stéphanie et Charlie pour nous diriger cette fois-ci vers les chutes du Niagara et la frontière des Etats-Unis.

Nous avons 3 jours pour revenir sur nos pas, repasser la frontière de l’Ontario et nous rendre vers le Sud-Ouest, à Toronto, où nous attends un nouvel hôte Couchsurfing. Mais avant ça, nous avons deux nuits à improviser. Cela fait un moment que nous ne cherchons plus à nous mettre en difficulté, dans une situation de recherche d’hébergement spontanée. Et cette nouvelle perspective nous redonne confiance pour la fin du voyage.

Comme nous voulons retraverser Montréal avant la fin de la journée, nous partons tôt pour commencer l’auto-stop. Nous n’arrivons pas à atteindre la sortie de la ville de Québec, trop loin et trop dangereux pour les piétons. Nous nous installons donc au bord de la route, pas si loin que ça du centre-ville, où commence une très longue attente de plusieurs heures. Mais finalement, nous faisons la rencontre de Jean-François. Il ne va pas très loin, mais il nous offre encore mieux que de longs kilomètres : la possibilité de manger chez lui et son compagnon Denis !

Nous passons un moment très agréable avec eux. Ils s’intéressent beaucoup à notre voyage et proposent de nous redéposer un peu plus loin sur la route après le repas. C’est très rare que l’on soit invités chez nos chauffeurs pour le repas du midi avant de reprendre la route, et pourtant ce sont toujours de très bons moments à passer. Nous sommes souvent plus détendus car la peur de déranger est moins présente que lorsque l’on demande un hébergement pour la nuit (qui est d’ailleurs très souvent précédé d’un repas inespéré…).

Nous ne restons malheureusement pas très longtemps avec eux puisque l’objectif est toujours de traverser Montréal avant la nuit. Mais après avoir enchaîné trois voitures avec à chaque fois plus d’une heure d’attente, nous nous retrouvons finalement en fin de journée à Charlemagne, quelques kilomètres avant Montréal. Il est plus de 19h, et au bout d’une demi-heure à attendre désespérément une nouvelle voiture, nous décidons de chercher un hébergement dans les alentours.

Charlemagne…ce nom ne vous dit rien ? Au début, nous aussi on a sourit en pensant au fait que notre Charlemagne national possédait une ville à son nom au Québec. Mais après avoir marché un peu dans la zone où notre chauffeur nous avait déposé, et observé les panneaux de rues qui nous entouraient, on s’est vite rendu compte que la ville possédait une toute autre sorte de célébrité locale. En effet, Charlemagne n’est autre que la ville natale de Céline Dion !

Du coup, c’est avec des chansons à la voix haut perchée en tête que nous pénétrons dans un quartier résidentiel. Un homme nous interpelle depuis son jardin. Après plusieurs minutes de discussion pendant lesquels il cherche à en savoir un peu plus sur nous et sur la raison de notre présence ici, il nous propose spontanément de planter la tente dans son jardin, alors que nous ne lui avions même pas encore demandé !

Alors que nous commençons à nous installer dans le jardin, un voisin vient s’enquérir de ce qu’il se passe. Claude, notre hôte, lui explique rapidement notre situation et lui aussi semble très intéressé. Il nous parle bien sûr de Céline Dion, et nous lui avouons avec le sourire que nous ne sommes pas particulièrement fans de la chanteuse. Manque de bol, le voisin est l’un de ses cousins… Oups ! On tente de se reprendre, le rouge aux joues, mais heureusement il ne semble pas nous en tenir rigueur. Nous sommes même invités à venir boire un verre chez eux si nous avons le temps dans la soirée.

Nous passons une excellente soirée avec Claude, sa fille Rosabelle et sa conjointe Lise. Claude sort nous acheter une vraie Poutine, que l’on déguste avec régal, sous l’œil bienveillant de son chat qui ne nous quitte pas d’une semelle.

Nous finissons la soirée sur la terrasse à discuter, rire et partager nos expériences. Claude nous laisse accès à la douche et ce n’est que très tard que nous rejoignons notre tente. Pour une soirée improvisée, elle n’était pas si mal que ça… Finalement, nous sommes bien contents de ne pas avoir réussi à traverser Montréal ce soir-là !

Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, Lise nous emmène en voiture à quelques kilomètres de là, sur une insertion d’autoroute. De là, commence une nouvelle journée de galère. Nous n’avons aucune obligation ce jour-là, mais comme nous voulons être sûrs d’arriver à Toronto le lendemain soir, il ne faut pas trop traîner. Le problème c’est que plusieurs voitures s’arrêtent, mais elles vont toutes dans le centre de Montréal. Chose que l’on veut éviter à tout prix ! Une femme finit par nous prendre, mais une fois arrivés à Montréal elle se rend compte qu’elle s’est trompée, et que la ville qui était indiqué sur notre panneau n’est finalement pas sur sa route. Du coup, après plusieurs refus qui nous ont fait perdre du temps, nous voilà exactement à l’endroit qu’on voulait éviter : le centre-ville de Montréal…

Heureusement pour nous, il n’y aura pas du tout d’attente puisqu’une voiture s’arrête à côté de nous alors que nous sommes encore en train de marcher vers la sortie de la ville. Ils nous ont vu sur le bord de la route un peu plus tôt dans la journée mais ne pouvaient pas nous prendre à ce moment là. Finalement, la journée se termine un peu mieux que la veille. A l’exception près qu’en fin de journée c’est avec Gérard, un camionneur très gentil, que nous passons un très long moment sur la route. Bien sûr, pas d’hébergement possible avec lui ! Il nous dépose donc sur une aire d’autoroute alors qu’il fait déjà nuit. Comme il n’y a aucun emplacement agréable pour planter la tente, nous décidons de reprendre l’auto-stop pour la ville suivante, où nous voulons essayer de frapper aux portes.

Finalement, nous montons dans la voiture d’Amanda alors qu’il se met à pleuvoir des cordes. Nous lui demandons alors s’il est possible de planter la tente dans son jardin et elle accepte pour notre plus grand plaisir ! Même si pour nous rendre chez elle nous avons une très longue route à parcourir, puisqu’elle habite à Guelph, à une heure de route de l’autre côté de Toronto. Tant pis, nous n’aurons qu’à reprendre le chemin inverse le lendemain. C’est donc avec elle que nous quittons le Québec et que nous repassons la frontière de l’Ontario pour quelques jours.

Amanda est vraiment très gentille et comme la pluie n’a pas cessé à notre arrivée chez elle, elle nous installe un matelas dans le salon et nous prépare même à manger, alors qu’elle a déjà prit son repas !

Pour autant, nous ne sommes pas tout à fait à l’aise puisqu’Amanda nous explique que ce soir-là elle nous héberge uniquement car elle est toute seule. Son mari n’aurait jamais accepté (elle va donc devoir lui cacher la vérité), et si sa fille avait été là c’est elle qui n’aurait pas accepté, juste au cas où.

On comprend tout à fait et on espère qu’elle n’aura pas de problème avec son mari ! Nous passons une très bonne nuit, même si elle est un peu courte. Amanda doit partir travailler tôt le lendemain, et comme il pleut encore beaucoup trop pour faire de l’auto-stop elle nous dépose dans un centre commercial dans le centre-ville de Guelph. On y reste toute la matinée sur internet, le temps que le soleil refasse son apparition. Puis nous nous rendons à l’extérieur de la ville pour retourner à Toronto.

Comment être sûrs de ne pas passer inaperçus…

On trouve rapidement deux voitures pour nous y emmener. La première est conduite par le chef d’une grosse entreprise, la deuxième par un Indien qui nous parle beaucoup de son pays (tout en exagérant beaucoup de chose, comme par exemple le nombre d’habitants en Inde qui d’après lui serait de 2,5 milliards…). Il se propose de nous offrir un verre en arrivant à destination, mais une fois arrivés il nous largue sur le trottoir sans plus de cérémonie et s’en va sans un au revoir. Des fois, mieux vaut ne pas chercher à comprendre…

Nous rejoignons à pieds l’appartement de notre hôte pour deux nuits : l’adorable Claire. Nous nous sentons directement comme à la maison, et Claire nous met à l’aise comme si nous étions des amis de longue date.

Sur le chemin de chez notre hôte, on trouve d’étranges fontaines…

…et aussi d’étranges bâtiments.

Elle nous cuisine un très bon repas et nous passons une excellente soirée. Nous avons même droit à une chambre privée ! Chose que l’on est de plus en plus heureux d’avoir. Car même si nos hôtes sont adorables comme ce soir-là, c’est toujours un confort supplémentaire d’avoir son intimité.

Comme elle n’habite pas très loin du centre-ville de Toronto, nous partons le visiter le lendemain matin tandis qu’elle est au travail. Nous commençons notre visite par l’université de la ville, d’un style anglais très chic. C’est étonnant de pouvoir circuler à l’intérieur comme si de rien n’était, mais très sympa à voir.

Le midi, nous mangeons dans un parc rempli de beaux écureuils qui n’ont pas peur de s’approcher des humains. Là où il y a de la nourriture, les écureuils vont !

L’après-midi nous débouchons sur un quartier vraiment très atypique, où l’on peut trouver de nombreux trains posés au milieu des immeubles. On peut même se prendre pour des gamins avec un petit tour de train miniature (mais malheureusement payant) !

Mais hormis ces petits quartiers très sympathiques, Toronto ne restera pas forcément dans nos mémoires. Peut-être est-ce dû à la frontière des Etats-Unis toute proche, mais on trouve principalement de gros gratte-ciel dénués de charme. Il faut dire qu’après la visite de Québec, on ne peut qu’être déçus…

En fin de journée on visite un musée gratuit très intéressant dédié aux chats et aux chiens. Plus précisément, le musée présente l’histoire de toutes ces petites bêtes qui ont été officiellement récompensées pour une bonne action (comme par exemple avoir sauvé leurs maîtres des flammes, de la noyade etc…)

Après avoir déambulé dans les rues de Toronto durant quelques heures, nous retrouvons finalement Claire, accompagnée de ses amis Dan et Kate, pour une soirée barbecue sur sa terrasse, d’où elle a une vue imprenable sur la ville et le magnifique coucher de soleil.

Nous passons une fois de plus une excellente soirée autour d’un repas non moins excellent, entièrement fait maison de l’entrée au dessert (et même la glace !) avant de nous coucher assez tard. Kate est fan de notre voyage et nous demande plein de détails sur notre parcours. Ca nous fait toujours chaud au cœur de rencontrer des personnes qui s’intéressent à ce tour du monde !

Le lendemain matin nous faisons enfin la connaissance de Huron, le mari Hongkongais de Claire et animateur dans une colonie de vacances. Dommage que l’on ne passe pas plus de temps avec lui, il semble aussi adorable que sa femme !

Mais il faut bien continuer notre route puisque le soir nous avons un contact pour dormir à Buffalo, juste de l’autre côté de la frontière à 150km de là. Nous les quittons donc avec regret avant de rejoindre la sortie de la ville, toujours à pieds. Une première voiture nous conduit à Hamilton, à peu près à la moitié du chemin. De là, une voiture s’arrête un peu plus loin sur le trottoir. Nous nous dirigeons vers elle, pensant qu’elle s’était arrêté pour nous. Après quelques secondes de malaise nous finissons par comprendre qu’ils attendaient juste des amis. Malgré tout, Bridget et John proposent de nous emmener à la frontière.

En terme de frontière, celle-ci est vraiment exceptionnelle. En effet, elle est située sur un pont qui enjambe les mythiques chutes du Niagara ! Alors bien sûr, avant de prendre ce pont pour retourner aux Etats-Unis, on compte bien passer un peu de temps à observer cette merveille de la nature.

Après un pique-nique partagé avec Bridget, John et leurs amis, nous nous dirigeons tout droit vers la marée humaine qui nous fait face. On doit jouer un peu des coudes pour enfin apercevoir ces fameuses chutes qui sont connues dans le monde entier.

Lorsque l’on se retrouve face à elles, on comprend qu’effectivement, il y a de quoi être émerveillés. Ce n’est pas tant leur hauteur qui est impressionnante, mais surtout leur largeur !

Les chutes sont réparties sur trois zones, mais la principale, dite « du Fer-à-Cheval » est sans doute la plus mythique.

Nous aurions vraiment pu apprécier cette découverte à son maximum, si nous avions pu faire attraction de la quantité de touristes qui se presse sur les rambardes, les ponts au dessus du vide, les points de vue « humides » sous les cascades ou encore sur les bateaux qui s’approchent au plus près de ces mastodontes.

Mais comme nous sommes en plein mois de Juillet, nous ne pouvons leur en vouloir d’être venus en nombre. Nous avons juste eu la malchance de tomber ici à cette période de l’année.

Nous restons environ une heure avec Bridget, John et leurs amis avant de les quitter pour nous diriger vers le fameux pont par lequel nous allons repasser aux Etats-Unis.

« Ligne de frontière internationale »

C’est avec énormément de souvenirs en tête, de joie et aussi de tristesse que nous quittons cet immense pays que nous avons entièrement traversé d’Ouest en Est durant un mois et demi. Nous y sommes restés longtemps, et pourtant nous avons l’impression d’avoir manqué tant de choses ! Nous aurions aimé voir plus de beaux paysages, rencontrer encore plus de personnes exceptionnelles ! Mais comme on dit, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Nous sommes malgré tout fatigués et pressés de rentrer à la maison.

Mais avant ça, nous avons une dernière destination à rallier, qui semble indispensable si l’on écoute les dires des voyageurs qui sont passés par l’Amérique du Nord. Un nouveau mastodonte, cette fois-ci fait d’acier : New York.

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