En pleine nature dans les Gorges de Taroko

Notre première journée d’auto-stop sur la côte Est de Taïwan n’est pas de tout repos. Les voitures s’arrêtent vraiment très facilement, mais soit les chauffeurs ne nous emmènent pas sur la bonne route, soit ce n’est que pour de petites distances. Alors qu’on est au bord de la route avec le pouce levé, un couple s’arrête même en scooter à quelques centaines de mètres devant nous, simplement pour nous prendre en photo ! On se sent vraiment comme des bêtes de foire…

Heureusement, après toutes ces péripéties, on trouve enfin une voiture qui nous emmène à Dulan, notre objectif de la journée. Mais après réflexion, on se demande vraiment s’il n’aurait pas mieux valu rester sur le bord de la route… Car sur toute la route de montagne menant à Dulan, on s’accroche à ce qu’on peut pour ne pas paniquer. Notre chauffeur roule à une allure folle et double les autres voitures en plein virage, sans aucune visibilité. Plusieurs fois on se retrouve nez à nez avec une voiture avant de se rabattre en catastrophe pour éviter l’accident ! Sans compter sur le fait qu’à l’arrière, Florine doit se battre pour que toutes les affaires de notre chauffeur empilées sur le siège d’à côté ne lui tombent pas dessus à chaque virage. Et ce pendant plus d’une heure et demie…On a rarement eu aussi peur en voiture !

Mais on arrive bien sains et saufs à Dulan en fin d’après-midi, et on se dirige directement vers le poste de police.

Vue sur les alentours de Dulan

Et non, on n’y va pas pour déclarer un vol, mais tout simplement pour…dormir ! Oui car à Dulan, le commissariat de Police laisse accès au jardin situé derrière le bâtiment, afin que les voyageurs de passage puissent y déposer leur tente pour la nuit, et ce, gratuitement ! Tout est organisé pour que les campeurs se sentent à l’aise : chacun possède un petit espace en bois surélevé et couvert afin d’y déposer la tente à l’abri des bêtes. Il y a même des endroits pour faire un barbecue, et un accès aux toilettes !

Ca paraît vraiment un endroit parfait pour y dormir, comme écrit sur les commentaires lus sur internet concernant cet emplacement. Mais c’était sans compter sur le fait qu’à cette heure-ci, les trois emplacements sont déjà pris ! C’est un problème que l’on n’avait absolument pas prit en compte, mais la côte Est semble vraiment plus privilégiée que la côte Ouest par les touristes. On se retrouve donc en plein village, de nuit, sans aucun train ou bus permettant de nous rendre plus loin, et avec une seule auberge de jeunesse dont les prix dépassent largement notre budget journalier !

Sans autre choix (puisque les maisons ne sont absolument pas accessibles pour frapper aux portes), on décide donc de planter la tente à côté d’un petit temple situé au bout d’une allée éclairée. (On a tenté de se rendre sur la plage, mais après s’être retrouvé nez à nez avec une bande de chiens errants vraiment agressifs, on a rapidement fait demi-tour!). Mais ce n’est pas un problème, car l’emplacement à côté de ce temple est vraiment parfait !

On a accès à des toilettes, des bancs, une table, un coin d’herbe très sympa et même de l’électricité ! De plus, on se situe loin de la rue principale et des locaux qui pourraient nous poser problème. Un seul couple passe pendant la soirée, mais ils ne semblent absolument pas étonnés de nous trouver là, et nous montrent même un robinet où l’on peut se servir à boire !

Après un moment d’angoisse, on passe donc finalement une très bonne nuit, avant d’être réveillé de très bonne heure par le bruit d’un homme venu s’occuper de l’entretien du temple. Lui non plus ne montre pas d’étonnement à nous trouver ici, et il continue son travail sans s’occuper de notre présence. On préfère tout de même replier la tente et partir assez tôt, juste au cas où.

Ce jour-là, la chance semble être revenue pour l’auto-stop, puisqu’en quelques minutes on trouve un camion qui nous emmène directement à Hualien, la ville où on voulait arriver ce soir ! Il nous offre en prime à manger et à boire sur la route et fait en sorte de ralentir sur les points de vue intéressants pour que l’on puisse filmer.

Arrivés à Hualien, une deuxième surprise nous attend : une personne a accepté notre demande Couchsurfing lancée quelques jours plus tôt. On se donne donc rendez-vous avec Jass, un Indien, à la gare. Il nous emmène chez lui, nous laisse les clés de son appartement, et s’en va ! On ne le reverra pas de toute la soirée ! L’accueil est vraiment spécial, mais on profite de cette opportunité pour se reposer. Surtout que ce jour là, on fête déjà les 200 jours de notre voyage ! Ça passe tellement vite…

On aimerait bien fêter ça, mais comme on ne ressort de l’appartement qu’à 20h, tous les restaurants sont déjà fermés. On s’installe donc juste sur la petite table d’un vendeur ambulant, et on mange de très bons hamburgers Taïwanais.

Une fois rentrés, on fait face à un problème qu’on n’avait pas encore remarqué : l’appartement est remplit de cafards ! Des centaines que l’on retrouve dans la douche, les toilettes, le lavabo, le sol de la chambre, et même dans le lit de Jass, où il nous a conseillé de dormir ! Mais de toute façon, quand on voit l’état des draps, on préfère largement s’installer sur le matelas posé au sol. Et avec les cafards qui grouillent partout, on décide même de sortir notre toile de tente et de nous installer dedans ! On se sent ridicules sous notre toile, mais au moins, on ne dormira pas que d’un œil en priant pour qu’un cafard ne nous grimpe pas dessus pendant la nuit ! Et aujourd’hui, on rigole encore à la pensée de ce souvenir insolite.

Mais malgré le fait que l’appartement ne soit pas vraiment agréable, on y reste malgré tout toute la journée du lendemain. Car Jass nous a accueillit pour deux nuits, mais la veille on a eu le temps de voir qu’il n’y avait absolument rien à visiter à Hualien ! On reste donc la journée entière à se reposer. Le soir, Jass rentre très tard et bourré. Il ne semble même pas remarquer qu’on a installé notre tente dans sa chambre…il nous adresse à peine la parole et s’endort pendant qu’on passe la soirée de notre côté.

On ne le revoit même pas le lendemain matin, partit alors qu’on dormait encore ! On laisse donc les clés dans la boîte aux lettres, et on part faire de l’auto-stop pour continuer notre remontée vers le Nord du pays. On a rarement eu un hôte Couchsurfing avec qui on s’est si peu entendu. Même si grâce à lui on a eu un toit pour deux nuits, on aurait largement préféré rencontrer quelqu’un de plus accueillant, et aussi dormir dans de meilleures conditions !

Mais tout ne peut pas toujours être simple dans un voyage comme celui-là.

Pour le moment, on continue donc notre route et on se dirige en direction des Gorges de Taroko, situées à une quarantaine de kilomètres au nord de Hualien, et qui est sans doute la plus belle chose à voir à Taïwan ! On trouve en quelques minutes une voiture qui nous emmène à l’entrée du parc.

On est directement saisis par la grandeur et la beauté de ces gorges ! On a vu de tout à Taïwan, mais on ne s’attendait absolument pas à faire face à des paysages si grandioses ! C’est vraiment magnifique.

Les touristes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, et des centaines d’entre eux pénètrent comme nous dans le parc, appareil photo autour du cou et ne sachant où donner de la tête.

Le parc national s’étend en fait le long des gorges, sur des dizaines de kilomètres au centre de l’île de Taïwan. On peut d’ailleurs aussi normalement accéder au parc depuis la côte Ouest de l’île par une petite route de montagne. Mais après avoir réparé la route pendant des années à la suite de passages successifs de typhons, le gouvernement a décidé de tout simplement fermer cette route, afin de ne plus avoir à s’occuper des réparations annuelles qui coûtaient trop cher et qui ne servaient à rien…

Pour notre part, nous arrivons par l’Est, et on longe les gorges grâce à plusieurs voitures successives, qui comme d’habitude nous prennent en quelques minutes. Il existe de très nombreux chemins de randonnée dans le parc, mais on en n’a sélectionné que quelques uns. Le premier n’apporte pas grand-chose, à part la présence d’une quantité impressionnante de photographes amateurs venus observer un oiseau très rare, et on repart rapidement vers la randonnée suivante.

Ils observent tous un petit oiseau bleu vraiment très rare et très difficile à trouver. Avec notre petit appareil, on n’aura d’ailleurs pas cette chance !

Dés la reprise de l’auto-stop, une mère et son fils s’arrêtent pour nous prendre. Ils ont prévus de faire exactement le même circuit que nous, et nous proposent de les accompagner pour le reste de la journée. On accepte bien sûr avec plaisir ! Car en plus de passer un excellent moment avec eux (même s’ils ne parlent pas parfaitement anglais) on peut laisser nos sacs à dos dans la voiture à chaque marche. Et c’est quand même un sacré avantage pour éviter de trop se fatiguer !

Le parc est vraiment impressionnant. Le seul problème c’est qu’il est tellement touristique (comparé au reste du pays) que les chemins de randonnées sont vraiment simplifiés et il ne reste plus grand-chose de naturel.

On profite malgré tout du paysage avec Alex et sa mère, avec qui on passe quelques heures à découvrir de très jolis coins des Gorges.

Ils nous déposent finalement dans le petit village touristique de Tianxiang avant de continuer leur route. On est vraiment contents d’avoir pu visiter ces magnifiques gorges avec eux ! Mais comme ils continuent vers l’Ouest et que pour notre part on souhaite revenir en arrière, on les laisse ici, après avoir prit une dernière photo souvenir.

On mange un peu avant d’aller visiter le temple Hsiang-Te, situé dans la montagne à quelques centaines de mètres du village.

Succession de ponts menant au temple Hsiang-Te

Il est assez joli, mais moins exceptionnel que ce qu’on a déjà pu voir à Taïwan.

Puis, comme prévu, on repart vers l’Est. Car à quelques kilomètres de là se trouve un camping gratuit, en plein milieu du parc, où on souhaite dormir ce soir. On trouve bien sûr une voiture pour nous y emmener au bout de quelques minutes. Et cette fois-ci, contrairement à Dulan quelques jours plus tôt, on est seuls dans le camping et on a donc l’embarras du choix pour s’installer. On pose notre tente sur une estrade en bois, qui fait face à la rivière qui coule en contre-bas. On a même droit à une table, des bancs, un barbecue, des toilettes et des douches froides !

Camping de luxe (mais gratuit…) dans les Gorges de Taroko

On passe une nuit au calme dans cet incroyable parc, dérangés seulement par le bruit des oiseaux et de la rivière qui s’écoule au pied du camping. Le lendemain matin, après avoir traversé un énorme pont suspendu situé juste à côté du camping (mais dont le chemin est bloqué de l’autre côté suite à un éboulement survenu lors du dernier typhon), on rejoint la route de la côte Est pour continuer notre remontée vers le Nord.

Le pont qui ne menait à rien…

On trouve rapidement une voiture pour nous emmener à Yilan, situé à une centaine de kilomètres au Nord des Gorges de Taroko. Sur la route on voit de magnifiques falaises qui tombent à pic sur une eau turquoise, et on regrette vraiment de ne pas avoir eu l’occasion de nous y arrêter.

Arrivés à Yilan, on reçoit une réponse positive d’un hôte sur Couchsurfing. On accepte donc de nous rendre chez lui, et en attendant de recevoir sa réponse, on part se balader dans la ville. Mais comme d’habitude à Taïwan, les villes, à part quelques exceptions, comme par exemple Kaoshiung, sont très peu intéressantes. On retourne donc rapidement à la gare afin d’attendre la réponse de notre hôte de ce soir. Finalement, on attendra plus de trois heures sans aucunes nouvelles. Et à 20h, on décide à contre-coeur de réserver un hôtel au nord de la ville, car on ne peut pas attendre plus longtemps. On n’y arrive qu’à 21h, malheureusement trop tard pour avoir vraiment le temps de profiter des sources d’eau chaude situées au sous-sol de l’hôtel !

On regrette vraiment de s’être arrêtés dans cette ville. Car non seulement on a dû payer une nuit d’hôtel, mais en plus le café Harry Potter que Florine voulait absolument voir dans la ville et dans lequel on se rend le lendemain n’existe plus. Il a été remplacé par un café Wallace et Gromit !

On ne reste donc pas plus longtemps à Yilan et on se dirige vers Taoyuan, à seulement quelques kilomètres à l’Ouest de Taipei. C’est de là que part notre avion dans 2 jours ! Car après un mois à parcourir le pays, à avoir fait le tour complet de l’île, nous voici de retour dans le Nord. C’est la première fois qu’on visite un pays dans son intégralité ! Mais il faut dire que celui-ci est vite traversé !

Cette fois-ci, par besoin d’attendre une réponse sur Couchsurfing, puisque quelqu’un nous a déjà accepté il y a de cela plusieurs jours. On rejoint Sylvie à la gare de Taoyuan. Elle est professeur d’anglais, donc pour la première fois à Taïwan, on peut vraiment parler anglais avec quelqu’un ! Et avec elle, discuter des heures n’est pas un problème. Elle est vraiment adorable, accueillante et très intéressée par notre voyage.

Le soir on prend des plateaux-repas à emporter, et elle nous offre des boissons étranges très très sucrées aux couleurs très voyantes.

On aurait aimé passer la journée du lendemain avec elle, mais comme elle doit aller enseigner, elle nous dépose à 7h30 à côté de son école, d’où on rejoint le Parc Hutoushan, situé sur la montagne Hutou. On y trouve plusieurs temples assez jolis, comme par exemple celui de Sansheng.

De jeunes Taïwanais venus prier dans le temple Sansheng

On assiste également à une coutume dans le pays. En effet, tous les matins, des centaines de femmes (qui travaillent rarement comparé aux hommes) se retrouvent à Hutoushan pour un cours à cheval entre la danse et le fitness. Ils sont presque 500 à suivre les différents professeurs disséminés un peu partout sur la montagne en petit groupe. C’est étonnant et très divertissant !

Dans ce parc, on trouve également de drôles de sculptures en bois et paille qui nous laissent un peu perplexes…

Comme on a la journée entière avant de retrouver Sylvie, on la passe à se promener dans les rues, les parcs, ou à s’acheter de bonnes pâtisseries avec l’argent qu’il nous reste avant de quitter le pays le lendemain.

On fini notre journée avec la visite du Temple Confucius, impressionnant édifice que les touristes semblent malheureusement avoir déserté, toujours dans le Parc Hutoushan.

On retrouve Sylvie en fin d’après-midi, et le soir elle nous emmène retrouver une de ses amies, Sarah, qui souhaitait nous rencontrer afin de nous poser plein de questions sur notre voyage. Car elle aussi souhaiterait faire un tour du monde ! Les deux amies nous invitent au restaurant, et commandent plus d’une dizaines de plats à se partager ! C’est vraiment excellent mais beaucoup trop gros pour qu’on puisse tout finir !

Avec Sylvie et Sarah, on parle de voyages autour de la table

On reste plusieurs heures dans ce petit restaurant, mais le temps passe tellement vite avec elles qu’on ne s’ennuie absolument pas ! On est vraiment heureux de pouvoir passer notre dernière soirée Taïwanaise avec elles. On en gardera un souvenir chaleureux et amical, comme avec la plupart des personnes rencontrées sur cette île qui nous était au début si étrangère.

Notre dernière nuit sera courte, puisque le lendemain matin on se lève à 5h30 pour pouvoir avoir notre avion en partance pour le Vietnam. Sylvie se lève aux aurores rien que pour nous, pour nous emmener à l’arrêt de bus, et on lui en est vraiment reconnaissants ! Car à pied, le chemin n’aurait pas été de tout repos ! On a à peine le temps de lui dire au revoir et de la remercier avant de monter dans le bus pour un trajet d’environ 45 minutes jusqu’à l’aéroport.

C’est à 9h qu’on embarque pour le Vietnam, le premier pays d’Asie du Sud-Est de notre voyage, et dans lequel on s’attend à être totalement dépaysés.

Malgré quelques galères vite oubliées, Taïwan restera un très bon souvenir, pour la gentillesse de ses habitants et la facilité en auto-stop. Même si le pays nous apparaît comme coupé en deux : avec la ville et le monde sur la côte ouest, et la nature et le calme sur la côte est, on retiendra quand même deux visites qui nous auront particulièrement marquées : le « Lac du Lotus » à Kaoshiung et les Gorges de Taroko au Nord de Hualien. Ce n’est pas pour autant qu’on y retournerait, car en un mois on a eu le temps de faire le tour entier de l’île. Et une fois qu’on a vu tout ce qu’il y a à voir, même si c’est très agréable, il n’y a plus de raison d’y retourner (sauf peut-être pour la population) !

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