Au sud du Laos : des ruines et des îles

Après notre découverte très enrichissante du Nord du Laos, nous reprenons le bus en direction de Vientiane, la capitale laotienne, afin de faire notre transfert pour Paksé, situé à 1 000 km plus au sud. Nous nous entassons dans un tout petit mini-bus, dans lequel nous empruntons des routes très peu praticables, où l’on a quelques frayeurs dans les virages serrés, ou lorsque l’on croise de gros camions. On comprends pourquoi on a été tant secoués à l’aller, alors que l’on empruntait cette route de nuit, dans un bus-couchette.

Mais on découvre surtout un paysage incroyable qui nous était caché à notre arrivée à Luang Prabang. On se félicite d’avoir décidé de faire ce voyage de jour, même si le temps nous paraît un peu long à force, lorsque l’on peut à peine bouger durant 10h.

On vérifie aussi avec anxiété que nos bagages ne tombent pas sur la route derrière nous, puisque le chauffeur les a attaché avec de simples cordes sur le toit sans aucune précaution, au milieu d’un bazar indescriptible, dans lequel on trouve même….un scooter ! Installé avec l’aide des passagers du bus qui ont dû s’y mettre à plusieurs pour le hisser tout là haut, ainsi que pour l’attacher comme possible pour éviter qu’il ne tombe sur cette route chaotique. C’est quelque chose qu’on ne verra sans doute pas souvent !

En fin d’après-midi nous arrivons enfin à la gare routière de Vientiane, après avoir pu profiter encore un peu des superbes paysages offerts par la campagne laotienne, ainsi que par les différents stands de fruits et légumes installés tout au long de la route.

Mais à la gare, les choses ne se passent pas vraiment comme prévu. En effet, nous avions prévu de prendre un bus de nuit pour Paksé directement à notre arrivée dans la gare routière. Mais problème : tous les bus pour ce soir sont pleins ! Alors que nous aurions pu arriver ce matin en prenant un bus de nuit en provenance de Luang Prabang au lieu d’un bus de jour, et nous aurions eu de la place ! Au lieu de ça, nous sommes obligés de reprendre un hôtel proche de la gare routière pour la deuxième nuit de suite, et attendre le lendemain soir pour entamer notre descente vers le sud. Nous parvenons à dénicher un hôtel d’état à une centaine de mètres de là, beaucoup plus luxueux que tout ce que nous avons vu depuis notre arrivée au Laos, mais à des prix très abordables, et accessible à tout le monde si on sait où chercher !

Le lendemain, nous passons la journée dans la station, à attendre notre bus de nuit. Vientiane est trop loin pour l’atteindre à pied, surtout avec nos sacs à dos, et de toute façon nous l’avons déjà parcourue en long en large et en travers à notre dernière visite. Nous préférons donc patienter tranquillement sur les bancs de la station jusqu’à 19h, heure à laquelle nous embarquons dans le bus de nuit le plus confortable que l’on ait jamais eu ! Avec beaucoup de place pour nous et nos bagages, et même une bouteille d’eau et un sandwich offert chacun !

Heureusement car nous allons passer presque 14h dans le bus, suite à des problèmes de moteur que le chauffeur devra réparer au beau milieu de la nuit ! Mais cela ne pose aucun problème puisque rien ni personne ne nous attends à Paksé. D’ailleurs, dès nos arrivée, nous trouvons directement une chambre d’hôtel, de laquelle nous ne ressortirons pratiquement pas de tout notre séjour dans la ville. En effet, Julien, malade depuis quelques jours, pourra à peine se lever dans les deux jours suivants, ni même manger. Et la chaleur insoutenable du sud du Laos n’arrange pas les choses, surtout qu’il n’y a aucune fenêtre ouverte sur l’extérieur et pas de clim dans la chambre. Juste un petit ventilateur pas vraiment utile.

Nous restons donc deux jours entiers dans cet hôtel avant de reprendre finalement notre route vers Champasak. Julien va mieux, et après étude de ce qu’il y a à voir dans la ville de Paksé (c’est à dire rien), nous décidons de ne pas nous attarder ici.

Les bus pour se rendre à Champasak étant hors de prix, nous décidons de tenter l’auto-stop, pour la deuxième fois au Laos. Et comme la première fois, un petit attroupement se forme à côté de nous. Tout un groupe d’hommes qui n’hésitent pas à s’asseoir à quelques mètres de nous pour nous observer et rigoler. C’est vraiment très désagréable et la chaleur écrasante n’arrange pas les choses.

Nous trouvons une voiture au bout d’une heure seulement. Il s’agit d’un couple de Thaïlandais propriétaires d’une chambre d’hôtes à Champasak ! C’est une occasion en or pour nous, mais avant que nous ayons eu le temps de leur demander, ils nous expliquent d’eux même qu’ils nous auraient accueillis avec plaisir mais que toutes leurs chambres sont pleines !

Dommage, leurs prix étaient vraiment abordables ! Mais Champasak est une ville entièrement touristique, composée d’une seule rue dans laquelle on ne trouve que des restaurants et des hôtels. Nous allons donc bien trouver autre chose !

Nous nous arrêtons manger dans le restaurant de nos chauffeurs, au bord d’un lac très agréable, avant de partir à la recherche d’un endroit pour nous loger.

A la table de nos chauffeurs

Mais après avoir marché plus d’une heure, nous sommes obligés de nous rabattre sur l’hôtel le plus pourri de Champasak (tous les autres sont pleins ou beaucoup trop chers pour nous). L’accueil est un vrai capharnaüm, et les chambres sont totalement insalubres. Il n’y a pas de porte, simplement un volet qui ferme à peine, les draps n’ont sans doute pas été changés depuis des semaines, le ventilateur au plafond manque de nous tomber dessus à n’importe quel moment, et bien sûr, pas d’eau chaude dans la salle de bain (même si pour le coup, vu la chaleur ce n’est pas trop grave). Pour couronner le tout, les murs étant abîmés et couverts de trous, de nombreuses bêtes entrent dans la chambre sans y être invitées : grenouilles, lézards etc. Une vraie ménagerie, qui n’est pas forcément rassurante lorsque l’on voit la taille que peuvent atteindre certains lézards dans ce pays…

Nous ne payons que pour une nuit, et réservons directement la nuit suivante dans un autre hôtel beaucoup plus agréable, (malheureusement plein ce soir là). Puis nous ressortons manger à un restaurant vraiment agréable, qui deviendra notre point de ralliement durant les prochains jours.

Après n’avoir dormi que d’un œil dans notre hôtel insalubre, nous partons dès le lendemain matin réceptionner notre chambre dans l’autre hôtel, plus confortable, beaucoup plus propre, et surtout encore moins cher !

Puis nous louons un scooter pour la journée, afin de visiter le temple Wat Phu (ou Vat Phou en français), situé à une dizaine de kilomètres de là. Ce site, surplombant une colline des monts Pasak, a vu se succéder plusieurs temples construits par les Khmers, qui ont administré le Laos durant une grande partie de l’empire Khmer. Wat Phu est aujourd’hui devenu un sanctuaire bouddhiste, où chaque année, en janvier ou février, un pèlerinage rassemble de nombreux fidèles laotiens.

C’est une sorte de Temples d’Angkor en miniature, installé au bord d’un lac. Un site inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui vaut vraiment le détour, même si ce jour là, avec la chaleur, très peu de monde s’est déplacé pour le visiter.

Même les vaches se cachent du soleil

L’allée principale menant au temple Wat Phu

On en prend plein les yeux avec ces grandes allées, ces ruines restantes des temples Khmer et ces escaliers étranges sortis d’un autre monde. On ne regrette vraiment pas de s’être arrêtés à Champasak, car même si c’est la seule attraction du coin, ça vaut vraiment le coup d’oeil.

Un incroyable escalier bordé de frangipaniers

Mais même si ce site est inscrit à l’UNESCO, il n’est pas du tout entretenu, et on y trouve beaucoup de déchets, ainsi que des parties de murs prêts à s’effondrer.

C’est dommage, car le site pourrait être encore plus somptueux si le prix des billets d’entrée servait à sa restauration (ce n’est pourtant pas donné). A la place, ce sont des pays comme la France qui fournissent des fonds (même si on se demande vraiment où part cet argent), et pourtant on paye l’entrée plus de trois fois plus cher que les locaux !

Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier énormément notre visite, qui se termine en beauté sur une colline surplombant le site avec un point de vue incroyable sur la campagne alentour.

Le seul sanctuaire où les laotiens peuvent encore se recueillir à Wat Phu, tout en haut de la colline

On gardera un très bon souvenir de cette découverte, même si la chaleur nous aura quand même un peu gâché la visite.

Le site étant finalement assez petit, nous repartons après seulement deux heures de visite. Nous nous baladons un moment dans les alentours avec notre scooter à la rechercher de quelque chose à voir, mais il faut se rendre à l’évidence : le temple Wat Phu est bien la seule attraction de la région de Champasak ! Nous partons donc rendre le scooter à l’hôtel, puis nous rentrons à la chambre nous reposer un peu avant d’entamer dés le lendemain la route vers notre dernière destination Laotienne : Les 4000 îles.

Comme d’habitude, le trajet (réservé à l’hôtel) pour nous y rendre est un peu laborieux. Nous empruntons un touk-touk avec plusieurs autres touristes, puis un bateau pour traverser le Mékong. Là, le chauffeur nous laisse à l’embarcadère sans aucun renseignement sur ce que nous devons faire après. Au bout d’un moment quelqu’un vient enfin nous voir pour nous prévenir qu’un bus va arriver. Mais nous l’attendons plus d’une heure, pour au final se retrouver dans un bus déjà pratiquement plein. La soute étant pleine, le chauffeur attrape nos sacs et les balance à l’intérieur du bus, dans l’allée, sans aucun ménagement. Et c’est parti pour 2h de trajet, chacun à un bout du bus sur les places qu’il restait. Nous arrivons à l’embarcadère des 4000 îles, où nous prenons des billets pour l’île de Don Khone, l’une des trois îles les plus touristiques de ce site protégé, avec Don Khong, la plus grande, et Don Det, la plus au sud, reliée à Don Khone par un ancien pont (payant aujourd’hui).

A bord de notre bateau, nous découvrons ce véritable havre de paix situé au beau milieu du Mékong, et qui attire chaque année un peu plus de touristes. Les habitants y vivent de la pêche et de la récolte de riz, de légumes et de noix de coco.

D’un côté les locaux…

…de l’autre les touristes

C’est dans cette ambiance hors du temps que nous débarquons sur notre île, et que nous partons directement à la recherche d’un hôtel afin d’y déposer nos sacs à dos. Nous dénichons une petite perle : un bungalow privé, avec une terrasse donnant directement sur le Mékong, et sur laquelle nous pouvons nous reposer sur un hamac créé à partir d’étiquettes de vêtements assemblées les unes aux autres…

Après la galère pour atteindre les 4000 îles, nous apprécions réellement de pouvoir profiter de cette ambiance calme et reposante. Nous restons d’ailleurs dans notre bungalow tout le reste de la journée, et ne partons visiter l’île que le lendemain.

Don Khone est surtout connue pour ses cascades, même si la plupart sont malheureusement payantes et même assez chères. Nous nous rendons donc à l’Est de l’île, à environ 45 minutes de marche, afin de voir les cascades Khone Pa Soy, qui elles sont gratuites. Nous sommes visiblement les seuls touristes à venir jusqu’ici, et pourtant, elles sont déjà très belles !

On emprunte une succession de ponts longeant ces cascades, d’où l’on aperçoit les constructions en bois très complexes permettant aux laotiens de pêcher sans être sur place.

Les ponts en question ont beau être en bon état à l’entrée des cascades, plus on avance plus leur état se dégrade. A la fin, nous devons même renoncer à emprunter l’un deux, qui ne ressemble même plus vraiment à un pont !

Nous rejoignons la fin de la zone par un autre chemin d’où nous avons une vue imprenable sur ces cascades dont le courant est très impressionnant (alors que l’on n’est pas encore en saison des pluies !).

Certains animaux ne semblent pas gênés par la force du courant…

Nous rentrons ensuite à notre hôtel, en passant par quelques petits villages de pêcheurs très typiques, installés le long du Mékong, et où la vie semble s’écouler hors du temps.

L’après-midi, nous partons à l’autre bout de l’île, voir les cascades Li Phi, les plus connues de Don Khone. Mais nous avons la surprise de les trouver elles aussi payantes, et à un prix un peu trop élevé par rapport à notre budget. Ayant déjà bien apprécié notre visite des cascades Khone Pa Soy nous décidons de ne pas aller voir celles-ci, et retournons nous reposer dans notre bungalow.

Le soir nous mangeons dans un restaurant où les matelas ont remplacé les chaises, et où on a tout le loisir d’attendre plus d’une heure qu’on nous apporte nos plats ! Heureusement, la cuisine Laotienne vaut le coup qu’on l’attende, et au moins ici, on est sûrs que la nourriture est fraîche !

L’attente est quand même un peu longue…

C’est malheureusement la dernière nuit que nous passons au Laos. Nous sommes déçus de partir déjà, alors qu’il y a encore tant de choses à découvrir dans cet extraordinaire pays. Mais nous devons nous hâter. En effet, nous devons retrouver les parents de Florine en Thaïlande dans 4 jours, nous n’avons donc plus beaucoup de temps pour visiter le Cambodge, seul pays se trouvant encore sur notre route.

Nous réservons un transfert pour Siem Reap (au Cambodge) par une agence locale, qui nous fait emprunter un bus jusqu’à l’embarcadère, où l’on nous fait attendre plus d’un quart d’heure sans donner aucune explication, avant de nous faire monter avec d’autres touristes sur une barque afin de traverser le Mékong.

Un dernier coup d’oeil amusant aux 4000 îles

Arrivés sur le continent, nous devons de nouveau nous débrouiller pour trouver le bus qui doit nous emmener au Cambodge (que l’on attend encore pendant plus de deux heures). Mais finalement, après une succession de galères auxquelles on finit par être habitués, nous voilà enfin embarqués en direction d’un nouveau pays à découvrir. Mais même si nous sommes très déçus de quitter ce pays où l’on aura vu tant de choses incroyables, nous allons sans doute découvrir dans les prochains jours l’un des plus beaux sites de notre voyage (en tout cas, ça fait partie de notre Top 5 des choses à voir dans le monde) : les Temples D’Angkor, au Cambodge !

4 réflexions au sujet de « Au sud du Laos : des ruines et des îles »

    • Bonjour à tous les deux, et merci pour ce commentaire très encourageant ! Nous sommes vraiment contents que vous continuiez à nous suivre malgré les mois qui passent !

      Le prochain article est en cours d’écriture et devrait voir le jour sur le site assez rapidement.

      Encore merci et à bientôt !

      Bises à tous les deux

      Florine et Julien

    • Bonjour à tous les deux ! Merci pour votre commentaire 🙂 Oui ce pays ne doit laisser personne indifférent, il y a tellement de choses incroyables à y découvrir !

      En espérant vous revoir bientôt, bisous à tous les deux

      Florine et Julien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *