Un petit bout de chemin sur quatre roues

A l’occasion de l’anniversaire de Julien (que nous avons fêté lors de notre séjour à Sydney), ses parents nous font la très grande surprise de nous offrir un cadeau qui ne pouvait pas nous faire plus plaisir à ce niveau du voyage : la location d’un van aménagé avec lequel nous allons passer un mois sur les routes de Nouvelle-Zélande !

C’est une belle opportunité de se reposer et d’aller là où nous le souhaitons. Car l’auto-stop a beau avoir de nombreux avantages, y compris celui de rencontrer de belles personnes, il nous maintien sur les routes principales des pays que nous traversons. Nous ne pouvons jamais nous aventurer sur les petits chemins, de peur de ne jamais y trouver une voiture pour nous en sortir.

Avec ce van aménagé, c’est l’occasion de sortir des sentiers battus, et de peut-être découvrir des paysages et autres paradis cachés que nous n’aurions pas vu avec notre mode de voyage habituel.

Nous récupérons donc le nouveau membre de notre équipe à l’aéroport de Christchurch, et partons directement en direction de la presqu’île d’Akaroa (que l’on nous a conseillé plusieurs fois), à plus de 80 km de là. Les premiers kilomètres sont assez durs pour Julien (qui est le seul autorisé à conduire cet engin). Le fait de rouler à gauche et la présence de beaucoup de vent ce jour-là n’arrange pas les choses.

Pour la première fois de notre voyage, nous avons l’opportunité de prendre 2 auto-stoppeurs ! Les rôles sont inversés et c’est assez agréable de se rendre utile pour une fois.

Akaroa est une petite ville qui se revendique française. Alors certes, on voit de nombreux noms français sur les boutiques qui longent la côte (il y a même une sorte de boucherie). Mais hormis ces noms et les drapeaux bleu, blanc et rouge, il n’y a rien qui pourrait nous rappeler la maison.

On regrette un peu d’avoir fait autant de kilomètres pour ça, même si le village en lui-même est assez mignon.

En fin d’après-midi, nous repartons en direction d’un camping gratuit à quelques kilomètres de là. C’est l’un des gros points positifs de la Nouvelle-Zélande : il y a ce genre de camping absolument partout ! La plupart ont des toilettes, un lavabo pour nettoyer notre vaisselle et de beaux emplacements. Ce soir-là, la majorité des emplacements est déjà prise, mais nous en trouvons un très confortable pour passer notre première nuit.

Les semaines précédentes, le froid a commencé à apparaître petit à petit, l’automne faisant place au début de l’hiver. Mais cette nuit-là, dans le van, il est particulièrement prenant. Heureusement, Alvene et Jessica nous ont donné une couette et des draps lorsque nous étions chez elles à Christchurch. Mais nous sommes tout de même obligés de rajouter nos duvets. Nous espérons vraiment que le temps va s’améliorer par la suite !

Mais le lendemain, alors que nous entamons enfin notre remontée vers le nord, c’est un autre type de problème qui se pose. En effet, à peine 24h après le début de la location du Van, un gros caillou (ou un oiseau, on ne sait pas très bien…) atterrit sur le pare-brise !

Bien entendu, nous n’avons pris que l’assurance basique, persuadés que les problèmes de ce genre n’arrivent qu’aux autres. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : nous allons devoir changer le pare-brise à nos frais ! Heureusement, l’éclat ne gêne pas la visibilité du conducteur. Nous décidons donc d’attendre la toute dernière minute pour le changer, au cas où on autre problème de ce genre se reproduise et que nous devions de nouveau effectuer des réparations.

C’est donc le moral un peu en baisse que nous nous dirigeons vers Arthur Pass, petite ville située dans les montagnes. Sur la route nous prenons un nouvel auto-stoppeur. Nous sommes vraiment heureux de pouvoir rendre la pareille maintenant que nous en avons la possibilité ! Et les voyageurs à sac à dos ne manquent pas en Nouvelle-Zélande. Tout comme les vans de location d’ailleurs, nous en croisons sans cesse le long de la route…Tous équivalents au nôtre.

Le paysage se transforme petit à petit, nous offrant un panorama à couper le souffle. La nature est d’une pureté intacte, et après Christchurch nous sommes heureux de retrouver un peu de calme. Le soir, nous nous installons de nouveau sur un terrain gratuit, quelques kilomètres avant Arthur Pass, au milieu d’un environnement incroyable. C’est une chose que l’on ne peut pas vivre en dormant chez l’habitant, même si nous ne regrettons absolument pas ce mode de voyage. C’est simplement une petite parenthèse bien agréable pour quelques semaines. Et quel plaisir de se réveiller le matin avec une telle vue !

Le seul inconvénient de la nuit dans la montagne, c’est la température, qui cette nuit-là descend à -5°C. Et malgré notre couette et nos duvets nous avons bien du mal à nous réchauffer (n’ayant pas de chauffage à l’intérieur du van). Le lendemain matin nous partons assez tôt, du givre plein les vitres, dans le but de redescendre rapidement de la montagne et peut être gagner quelques degrés !

Heureusement, durant les jours suivants, la température va augmenter peu à peu, le froid restant bloqué dans le sud du pays.

Nos journées se ressemblent finalement toutes, et on adore ça ! C’est presque comme des vacances. En journée nous roulons, nous arrêtant dès qu’un beau paysage se présente, mangeant dans des endroits insolites, le long de la route, cherchant internet dans les bibliothèques ou les centres commerciaux et dormant dans des campings, gratuits ou non. Il est vrai que parfois, exceptionnellement (lorsque qu’aucun camping gratuit n’est accessible à proximité), nous payons afin de pouvoir nous installer sur un emplacement. Mais les prix restent très corrects, et nous avons accès à de belles douches chaudes et cuisines équipées. Car bien sûr, dans le van, nous n’avons pas de salle de bain, nous devons donc improviser la plupart du temps : avec un seau d’eau froide sur la tête ou les douches de plage.

Nous traversons de nombreux villages aux noms dont la consonance jongle entre l’Anglais et le Maori : Greymouth, Nelson, Ahaura, Reefton, Wakefield, Motueka etc…

Le cinquième jour de notre périple sur quatre roues, nous traversons le Parc National d’Abel Tasman, au Nord-Ouest de l’île du Sud. La journée n’est qu’une succession de randonnées (entre 10 et 30 minutes) durant lesquels nous découvrons des paysages tous plus incroyables les uns que les autres.

Le symbole de la Nouvelle Zélande

C’est le cas par exemple de Riwaka Resurgence, où l’eau de la rivière est d’une couleur éclatante, ou encore de Rawhiti cave, une grotte composée de milliers de stalactites, située à une heure de marche de la route, en montée, mais qui vaut vraiment le coup.

Le lendemain nous redescendons exceptionnellement un peu vers le sud, en longeant la côte Est. En effet, quelques semaines plus tôt, lorsque nous étions encore avec nos sacs à dos à chercher un hébergement au sud du pays, nous avons rencontré une femme dans la rue, Daphné, qui nous a invité à venir passer une nuit chez elle et son mari à Seddon. Comme nous avons deux jours à attendre avant de prendre notre ferry en direction de l’île de Nord, nous décidons donc de nous y rendre.

Sur la route, on rencontre de drôles de choses…

Sur la route, nous nous arrêtons à Pelorus Scenic Reserve. En dehors du fait qu’il s’agisse d’un endroit magique de par ses couleurs et le calme de sa rivière, il semblerait que certaines scènes du film « Le Hobbit » y aient été tournées (mais nous ne sommes pas assez fan pour pouvoir les reconnaître…). Nous profitons tout de même avec beaucoup de plaisir des quelques randonnées que nous y effectuons.

Heureusement, grâce à ce parc nous n’avons pas prit la route pour rien, puisque le lendemain, en arrivant chez Daphné (une viticultrice qui vit dans un domaine immense à flanc de colline) nous trouvons porte close. Nous lui envoyons un message, mais lorsque que la nuit commence à tomber nous décidons de rebrousser chemin, et de partir à la recherche d’un emplacement pour la nuit. Nous sommes obligés de remonter de 50km vers le Nord, à Picton, là où nous prenons le ferry le lendemain, pour trouver le premier camping (et payant qui plus est). Le soir nous recevons un message d’excuses de Daphné, qui malheureusement avait dû emmener son mari à l’hôpital.

Avant de monter dans le ferry qui doit nous emmener sur l’ile du Nord de la Nouvelle-Zélande, nous visitons la ville de Picton. Mais comme souvent en Océanie, il n’y a pas grand-chose à y voir. C’est toujours la campagne alentour qui est attrayante.

Au moment de monter sur le ferry, nous avons la mauvaise surprise d’apprendre que nous devons payer 35 dollars supplémentaires (alors que nous avions déjà réglé sur internet), pour la simple et bonne raison que nous avons déclaré posséder un van, alors qu’il semblerait que nous ayons un campervan ! Nous ne sommes vraiment pas sûrs de voir la différence…

Nous arrivons à Wellington, la capitale Néo-Zélandaise, en fin d’après-midi. Pour une fois, nous avons prévu notre arrivée dans une ville où il n’existe pas de camping gratuit, en effectuant quelques demandes d’hébergement via le site internet Couchsurfing. Nous nous rendons donc directement chez Florian, Verena et leur fils Ennick, une famille Germano-Ukrainienne chez qui nous allons passer deux nuits. C’est l’occasion de renouer avec les locaux (chose que nous n’avons pas faite depuis dix jours), de dormir dans un bon lit au chaud et de retrouver le confort d’une grande maison.

C’est une famille vraiment adorable chez qui nous sommes reçus comme des rois ! Nous passons une excellente soirée autour du repas, à discuter de tout et de rien. Le lendemain, nous partons visiter le centre-ville de Wellington pour la journée, les laissant partir au travail.

Nous commençons par les studios de cinéma Weta, dans lesquels une partie des films « Le Seigneur des Anneaux » a été tournée. Nous ne visitons pas vraiment les studios, beaucoup trop chers, mais une petite exposition gratuite à l’entrée, ainsi que la boutique de souvenirs.

Puis nous nous rendons au Musée Te Papa (gratuit, comme la majorité des musées nationaux en Océanie). Comme d’habitude, on y trouve de tout : des expositions sur la guerre, les tremblements de terre, la faune Néo-Zélandaise et bien d’autres encore. L’ensemble est parfaitement entretenu et très moderne. Nous qui ne sommes pas adeptes de musées, c’est une véritable découverte que nous apprécions fortement.

Le centre-ville en lui-même n’est pas exceptionnel, même si le quartier « Cuba » est assez sympa avec son ambiance cosy.

La côte par contre est très agréable (surtout que l’on ne se croirait absolument pas en ville, et encore moins dans la capitale !).

Le soir nous partageons de nouveau un moment de détente avec nos hôtes, avides de connaître nos aventures, et inversement. C’est quelque chose qui nous manquait avec notre van, même si nous sommes heureux de pouvoir alterner entre les deux modes de voyage, qui apportent chacun leurs lots d’avantages et d’inconvénients.

Malgré tout, nous sommes un peu tristes de quitter cette incroyable famille le lendemain, alors que nous continuons notre chemin vers le Nord du Pays. Nous décidons de prendre la route traversant l’île par son centre. Il n’y a pas la mer, ni même de visites particulières à y faire, mais les paysages que l’on croise se suffisent à eux même. On se croirait en Irlande, avec ses collines verdoyantes et les centaines de moutons qui s’y reposent.

Durant les jours suivants, nous reprenons le même rythme que lors de notre séjour dans l’île du sud. En journée nous roulons, nous arrêtant parfois prendre des photos des superbes paysages observés le long de la route. C’est le cas par exemple de ce petit lac habité par des dizaines de cygnes noirs, où l’on peut se balader en son centre par un beau chemin aménagé.

C’est également le cas du panorama de Te Mata Peak (pour lequel nous avons fait un détour que nous ne regrettons absolument pas), duquel nous avons une vue époustouflante sur la vallée d’Hawke’s Bay.

Le soir, nous dormons dans différentes petites villes à l’intérêt limité, mais dont les campings gratuits sont parfaitement aménagés pour y passer une bonne nuit (Featherson, Woodville, Napier etc.).

Pour ce qui est des douches, nous improvisons toujours. Parfois nous avons la chance d’accéder à des douches de piscine publique pour à peine 2 dollars, et parfois ce sont des douches en centre-ville (comme les toilettes publiques que nous pouvons trouver en France). Même si leur propreté laisse à désirer, elles ont au moins le mérite d’avoir de l’eau chaude. Et bien sûr nous avons toujours la possibilité du seau d’eau sur la tête (mais que lorsqu’il fait assez chaud, nous ne sommes pas fous à ce point là !).

A Napier, nous couvons tous les deux un rhume (non pas à cause des douches, mais sans doute à cause des nuits passées dans le van, qui sont toujours un peu froides). Nous décidons donc d’y rester deux nuits afin de nous reposer, et repartir sur la route en meilleure forme.

Nous quittons donc Napier deux jours plus tard pour nous diriger vers le lac de Taupo, l’endroit que nous attendions le plus depuis notre arrivée dans le pays ! En chemin nous nous arrêtons de nouveau observer ces superbes collines envahies par les moutons, ainsi que les magnifiques cascades de Waipunga.

Mais rien ne nous préparait à ce que nous allions découvrir par la suite…

4 réflexions au sujet de « Un petit bout de chemin sur quatre roues »

  1. Superbe récits et tous ces paysages magnifiques dont vous avez pu profiter, que de merveilleux souvenirs nous attendons la suite avec impatience.

    • Merci à vous de continuer à nous suivre et pour tous vos très gentils commentaires. L’Océanie a vraiment été un continent très beau où nous avons découvert de nombreux paysages incroyables. Et ce n’est pas fini 😉

      A bientôt bises à tous les deux
      Florine et Julien

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