Taïwan : la compensation chinoise

Lors des articles sur la Mongolie, on avait évoqué les problèmes rencontrés pour la demande de VISA Chinois, qui nous avaient empêchés de pouvoir entrer dans le pays. A l’époque nous étions très déçus de ne pas pouvoir nous y rendre. Mais après la Corée du Sud et le Japon (que l’on ne regrette absolument pas d’avoir visité à la place de ce gigantesque pays), c’est à Taïwan, ou « République de Chine » que nous faisons notre entrée. Et finalement, même si on n’est pas tout à fait en Chine, on s’attend à être malgré tout projeté dans ses coutumes et modes de vie si particuliers. Mais ne dites jamais à un Taïwanais qu’il est Chinois, il risquerait de très mal le prendre !

Dès notre arrivée, cette sensation, pas si désagréable que ça, d’être entrés dans un territoire quasiment inconnu nous prend aux tripes.

A la descente de l’avion, on se sent un peu perdus dans l’aéroport, étonnés de ne pas se retrouver dans celui que l’on pensait. A 30km de Taipei, nous sommes donc obligés de prendre le bus pour nous y rendre. Et l’arrivée dans la capitale nous laisse un peu perplexes. On s’attendait à une ville riche, moderne et bien entretenue, mais c’est tout le contraire qui nous attend : les immeubles sont délabrés, les rues jonchées de déchets, les trottoirs souvent impraticables, les scooters qui font hurler leurs klaxons à tout bout de champ, et surtout…les cafards ! Des milliers et des milliers de ces petites bêtes grouillantes, mortes partout dans les rues, devant les magasins et les restaurants. On croirait assister à une extermination massive !

On ne se sent pas forcément très à l’aise dans cette ville animée, où les Taïwanais nous regardent comme si nous étions des extraterrestres. Mais c’est sûr que sans nos gros sacs, on passerait peut-être un peu plus inaperçus !

Ce soir-là, nous dormons dans un hôtel (dont la réservation est obligatoire pour passer les douanes Taïwanaises). Mais nous n’y restons qu’une seule nuit, puisque dés le lendemain nous avons un hôte qui nous attend, grâce au site internet « Couchsurfing ».

En attendant notre rendez-vous, qui n’est que tard le soir, nous passons donc la journée du lendemain à visiter la ville, après un petit détour par le premier Decathlon que l’on croise depuis très longtemps, où on en profite pour racheter un sac à dos à Julien, ainsi que quelques affaires pour remplacer les nôtres, qui commencent à être usées après déjà 6 mois de voyage !

Un rond-point normal à Taipei….

Puis nous commençons notre visite de Taipei par son temple bouddhiste le plus connu : Longshan, situé en plein cœur de la ville.

L’entrée du temple Longshan

Vue de l’intérieur

Nous pénétrons dans le temple en plein milieu d’une cérémonie religieuse qui a regroupé ce jour-là des milliers de fidèles, venus déposer de la nourriture en offrande aux plus pauvres, qui peuvent se servir comme ils le souhaitent.

Jeunes et moins jeunes sont installés tout autour du bâtiment central, trouvant de la place là où ils le peuvent, et reprenant en cœur des chants religieux entonnés par les moines installés au centre du temple, d’une beauté vraiment incroyable.

Sur les toits du temple

On s’assoit à l’entrée du temple, et on observe les fidèles arriver, chacun avec trois bâtons d’encens qu’ils font brûler, puis qu’ils posent avec leurs mains jointes sur le front en s’inclinant vers les quatre points cardinaux, avant de les planter un à un dans un grand bac d’où sort un nuage d’encens, qu’ils respirent pour se « purifier ».

On se sent comme transportés dans un autre monde, et la sortie du temple est un peu perturbante. Surtout qu’après avoir été confrontés à l’histoire et à la tradition, c’est dans la modernité que l’on revient en force, avec un quartier alternatif un peu vide.

Puis nous nous rendons en métro à la « Taipei 101 », qui est (au jour de l’écriture de l’article) la huitième tour la plus haute du monde avec ses 508 mètres.

La plupart des touristes (et il y en a très peu) qui souhaitent visiter cette tour, payent pour accéder à l‘observatoire situé pratiquement au sommet. Nous, nous nous contentons de l’observer de l’extérieur. Et c’est déjà bien suffisant !

Puis, comme il est tard, nous partons rejoindre notre hôte pour deux nuits : Shinghaï. En chemin, on passe par un marché de nuit (les « Night Market » si bien connus en Asie) où on savoure avec délice les odeurs qui émanent des petits stands de nourriture rapide installés tout au long des rues de la capitale.

Shinghaï nous accueille chez lui, dans sa toute petite chambre d’étudiant où il a eu la gentillesse de nous faire un peu de place pour poser un matelas à côté de son lit ! Il est très timide et parle très peu, mais nous offre tout de même à manger dans un minuscule restaurant de rue, et c’est à plus de 2h du matin qu’on se couche finalement !

Comme des étudiants chez Shinghaï

Comme on reste une deuxième nuit avec lui, on en profite pour faire une grasse matinée. Puis Shinghaï tient à nous emmener voir l’université de Taipei où il étudie. Elle n’a rien d’exceptionnel à part son impressionnante allée menant à l’entrée du bâtiment principal, et le fait que la plupart des étudiants circulent dans l’enceinte de l’université à vélo.

Puis, il nous laisse à une station de métro, d’où nous rejoignons le très joli quartier de « Bitan », construit sur les bords d’une rivière.

On s’installe pour manger dans un tout petit restaurant le midi, mais comme le menu est en chinois (on nous donne une feuille de papier et un crayon à l’entrée, et il faut cocher les plats que l’on veut commander) et que la famille qui tient le restaurant ne parle pas du tout anglais, on choisit de prendre des plats au hasard ! Et on ne regrette absolument pas notre choix, puisqu’il s’agit sans doute de l’un des meilleurs plats de nouilles chinoises que l’on ait mangé en Asie ! Et tout ça pour à peine 3€… A Taïwan, ça ne vaut vraiment pas le coup de s’acheter à manger en supermarché !

Ca nous fait encore saliver !

Après ce moment de régal, nous partons à la visite du quartier, dont l’attraction principale est cet incroyable pont suspendu qui traverse la rivière.

De l’autre côté, on trouve un paysage que l’on ne s’attendait pas à voir en plein cœur de la capitale : une véritable forêt tropicale installée sur une petite colline ! La première forêt de ce type depuis le début de notre voyage.

Sur le chemin qui mène au sommet, on croise de nombreux arbres étonnants, des oiseaux à la puissance de chant incroyable ou encore de magnifiques lézards multicolores…

On se demande vraiment ce qui peut amener un arbre à devenir comme ça…

Après avoir admiré quelques minutes la vue sur la ville du haut de la colline, on redescend par l’autre côté, où les nombreuses marches nous fatiguent beaucoup plus que ce que nous pensions !

On peut apercevoir très légèrement la Taipei 101 dans le fond…

Avant de repartir, nous nous arrêtons quelques instants dans un tout petit temple, où les touristes ne vont sans doute jamais, mais où on est accueillit avec le sourire par les locaux assis aux tables installées au centre du bâtiment.

L’entrée du petit temple

On a même le droit d’assister à un chant religieux entonné par quatre femmes habillées aux couleurs locales. C’est joli, et tout à fait en adéquation avec la beauté de ce petit temple.

C’est quand même très coloré…

Après cette visite hors du temps (surtout lorsque l’on sait qu’on se trouve en plein cœur de Taipei), nous reprenons le métro pour nous diriger vers le « Mémorial Hall ».

Il s’agit d’une place immense sur laquelle on peut trouver pas moins de deux temples, ainsi qu’un bâtiment entier réservé à Tchang Kaï-chek, le premier président de la « République de Chine » à Taïwan qui a été chassé de Chine par Mao Zedong et qui est venu s’installer ici en 1949.

La porte principale de la place

L’un des deux temples de la place

Le Memorial Hall dédié à Tchang Kaï-chek

Ici le culte de la personnalité est vraiment énorme ! Dans le bâtiment réservé à Tchang Kaï-chek, on y trouve sa statue d’une hauteur impressionnante, ainsi qu’un musée entier dédié à lui et sa famille, dans lequel on ne ressent que de la fierté et de l’adoration pour ce président fondateur de Taïwan.

Vue du pied du mémorial

L’énorme statue de Tchang Kaï-chek

Le musée dédié à l’ancien président

On fait le tour de ce musée, puis on se promène un moment dans les marchés de nuit, où l’on s’achète de petits pâtés fourrés à la patate douce et d’autres à la banane. On découvre vraiment de nouvelles saveurs à Taïwan, et c’est une très grande surprise ! Surtout que pour une fois, vu les prix pratiqués dans les stands des marchés et dans les restaurants, on peut se faire un peu plus plaisir qu’à l’accoutumé !

Après ça, on part rejoindre Shinghaï. Celui-ci nous propose de faire une interview en direct sur sa chaîne Facebook, afin de discuter de notre voyage. Il nous pose plusieurs questions auxquelles nous essayons de répondre avec notre niveau d’anglais encore approximatif. On parle pendant environ 1h devant la caméra, pendant que quelques dizaines de personnes, amis de Shinghaï, nous regardent. C’est pas encore la gloire, mais c’est déjà pas mal ! Le problème c’est qu’avec cette interview, on se couche encore à plus de 2h du matin !

C’est la dernière nuit que nous passons chez Shinghaï. Une autre personne avait accepté notre demande de toit via Couchsurfing, mais trop tard, nous avions déjà accepté chez lui. Mais du coup, nous décidons de rester une nuit supplémentaire à Taipei et de passer une nuit chez cette fille qui semble vraiment gentille.

Avant de nous y rendre, sur les conseils de Shinghaï, nous partons visiter ce qui, d’après lui, est la plus belle chose à voir à Taipei. Mais nous sommes loin d’être d’accord avec son point de vue. On est même vraiment peu emballés par ce bâtiment très basique !

Tchang Kaï-chek sous bonne garde !

On y reste quelques minutes le temps de prendre des photos, puis on se rend à une station de métro afin de nous diriger vers le Nord-Est de la ville. Là, on rencontre Chloé, la sœur de notre hôte Couchsurfing qu’on ne verra malheureusement pas puisqu’elle est en voyage d’affaire en Chine. Chloé et sa sœur vivent dans une gigantesque maison familiale sur 4 étages ! On a droit à notre chambre, ainsi qu’un accès à la cuisine et à la salle de bain. En fait, on se croirait plus dans un hôtel car Chloé nous passe les clés de la chambre et de la maison, et nous passons très peu de temps avec elle et sa colocataire : Lin, une Hong-Kongaise également très gentille.

Soirée reposante avec Chloé et Lin

On discute tout de même un peu durant la soirée, mais nous mangeons de notre côté et nous partons dans notre chambre assez tôt.

Malgré tout, être dans cette maison est vraiment reposant. Et même si nous avions décidé de ne rester qu’une seule nuit, Chloé nous propose de rester le temps que l’on souhaite.

Avant d’arriver à Taïwan, nous avons dû réserver notre billet de départ (obligatoire pour pouvoir entrer sur le territoire). Nous avons donc pris un billet d’avion pour le Vietnam, mais nous n’embarquons pas avant 3 semaines. Et l’île de Taïwan n’étant pas si grande que ça, nous décidons de rester quelques jours de plus dans cette maison, afin de nous reposer (car oui, lorsque l’on voyage de cette manière, on est presque autant fatigués que lorsque l’on travaillait !)

Nous passons finalement 5 nuits chez Chloé et Lin, la plupart du temps à ne rien faire. Certains jours, on ne sort même pas de la maison ! Il faut dire que le temps ne s’y prête pas vraiment, il pleut sans arrêt pendant des jours entiers. Lorsque le temps nous le permet, nous partons nous balader un peu, comme par exemple au parc Dahu, situé juste à côté de chez elles, où l’on trouve un pont très étrange …

Il fait presque peur !

On cherche toujours l’utilité de ce bâtiment sur l’eau…

Julien profite également de ces quelques jours pour se faire faire un massage Thaï, mais il ressort de là avec plus de douleurs qu’avant d’y être allé ! (Il faut dire que pendant une heure, la masseuse n’a fait que de lui marcher sur le dos et appuyer sur des endroits très douloureux). On se fait également une séance de cinéma, notre première en anglais (car ici, les films ne sont jamais traduits en Chinois, ils n’ont droit qu’aux sous-titres). Mais on a sans doute un peu surestimé notre niveau d’anglais, puisqu’on ne comprend vraiment pas grand-chose !

Le reste du temps, on se balade dans les magasins et les rues commerçantes. Le dernier soir, Lin nous prépare un plat typique de Hong-Kong : des doigts de porc bouillis ! C’est vraiment gentil de sa part de vouloir nous faire partager la culture culinaire de son pays. Mais malheureusement, c’est un repas dont on se souvient encore aujourd’hui, mais pas dans le bon sens ! C’est sans doute trop différent de ce qu’on a l’habitude de manger…

En cinq jours, on aura bien eu l’occasion de se reposer dans cette belle maison, avec Chloé et Lin qui ont vraiment été adorables avec nous. Mais il est temps de penser à visiter un peu le reste de l’île. On pensait descendre vers le Sud (par la côte ouest) en auto-stop, mais la pluie n’a toujours pas cessée ! On réserve donc des billets de bus pour Taichung, situé à environ 150km de Taipei. Arrivés là-bas, on est étonnés de voir que la ville est encore plus délabrée que la capitale. Certains immeubles sont au bord de l’effondrement ! Comme à Taipei, les trottoirs sont impraticables à cause des scooters garés n’importe comment, mais également à cause des boutiques qui s’y sont étendues ! Ici, tout est inversé : les scooters sur les trottoirs et les piétons sur la route ! On est vraiment déçus par cette ville. Surtout qu’ici, les habitants sont encore moins discrets lorsqu’il s’agit de nous observer. On a vraiment l’impression d’être des bêtes de foire.

Rapidement, on reprend le train pour se rendre à une station de là, chez Isaac, notre hôte Couchsurfing pour deux nuits. Isaac vient nous chercher en scooter, et nous emmène l’un après l’autre chez lui. On fait connaissance avec sa copine, et tous les deux nous expliquent qu’ils avaient prévus d’aller au restaurant ce soir, et nous proposent d’y aller avec eux. On accepte avec plaisir, mais on ne s’attendait pas à devoir payer un prix si exorbitant ! Si on avait su qu’on se rendait dans un restaurant si chic, on n’aurait peut-être pas accepté de les suivre ! Heureusement on passe un bon moment pendant la soirée à discuter avec eux.

Mais le lendemain matin, Isaac nous réveille à 7h30 pour nous dire qu’à cause de notre présence, les chats ont été stressés pendant la nuit et ont fait tellement de bruit qu’ils ont empêché sa copine de dormir. Il nous demande donc de quitter la maison pour la journée et de ne revenir que le soir pour la laisser dormir. C’est donc encore à moitié endormis que nous nous retrouvons dans la rue, sous la pluie, sans avoir aucune idée de ce que nous allons faire de notre journée.

On se balade tranquillement dans un marché couvert (où les vendeurs passent le temps en faisant du Karaoké sur les petites télévisions qu’ils ont emmené avec eux…) puis on prend le train vers le centre et on reste plus d’une heure à la gare pour prendre notre petit déjeuner. On visite un parc (la seule chose vraiment intéressante à voir ici), sous la pluie, mais on se fait chasser pour un homme, qui nous explique qu’il est fermé pour travaux. C’est la seule chose que nous trouvons à faire de toute la journée. Le reste du temps, on reste assis à la gare ou dans les centres commerciaux à attendre.

Vers 16h on peut enfin retourner chez Isaac et sa copine. Le soir ils achètent des Bentos (plateaux-repas) pour tout le monde…mais ils nous font payer notre part sans vraiment nous avoir laissé le choix ! La soirée est assez étrange. Ils nous laissent seuls dans le salon pendant qu’ils vont regarder un film dans leur chambre, puis ressortent réclamer des photos avec nous avant d’aller se coucher. On ne se sent pas forcément à l’aise avec eux. Mais au moins, on a eu un toit pour deux nuits, et ils sont malgré tout gentils avec nous !

Le lendemain matin, la copine d’Isaac nous offre même le petit-déjeuner, et on part de chez eux vers midi, en s’arrêtant à un petit temple très joli situé à quelques pas de leur appartement.

Les gardiens du temple

Ce jour-là on quitte Taichung pour nous diriger vers Sun Moon Lake, le lac de montagne le plus connu de Taïwan, et situé précisément au centre de l’île. Et comme il fait beau, on décide de se mettre enfin à l’auto-stop !

Et on ne regrette absolument pas notre choix, puisque nous trouvons une voiture en à peine 10 minutes. Et en prime, cette famille, qui n’avait pas du tout prévu d’aller à Sun Moon Lake ce jour-là, décide d’aller passer la journée là-bas, et donc de nous emmener à destination ! Dans la voiture, nous ne sommes pas moins de 4 adultes, et 3 enfants ! L’une des filles est assise sur les genoux de sa mère à l’avant, et le pauvre bébé quant à lui, est posé au sol, aux pieds de la mère, sans aucune protection ! (Le pire, c’est qu’il ne s’agit même pas de leur propre enfant, mais de celui d’un de leurs amis !)

Nous nous dirigeons donc vers le lac en discutant de tout et de rien. Ils parlent bien anglais et sont vraiment très intéressés par notre voyage ! Au fur et à mesure de la route, on croit comprendre que nous allons passer la journée ensemble au lac, et que le soir nous retournerons dormir chez eux à Taichung ! Mais finalement, une fois arrivés sur place, ils nous déposent à l’embarcadère, et nous disent à peine au revoir avant de repartir. On a dû mal se comprendre ! Tant pis, on trouvera sans doute un autre endroit où dormir ce soir.

En attendant, nous découvrons Sun Moon Lake. Et nous sommes très déçus de voir qu’il ne s’agit que d’un lac touristique, sans rien de bien particulier. Partout où on se trouve, on se fait harceler par les vendeurs de billets des bateaux qui traversent le lac, ou pour les billets du bus le contournant.

Un lac en plein centre de l’île

On part visiter le temple (de style très chinois…) situé sur la rive ouest du lac. Il est joli, mais sans plus.

Puis, comme on veut se rendre de l’autre côté du lac, mais que le contourner à pied est beaucoup trop long, on décide de prendre des billets de bateaux. Mais la traversée dure à peine 5 minutes, et on ne voit rien de particulier. On est très déçus, surtout qu’après coup, on apprend que le bus pour contourner le lac aurait été beaucoup moins cher ! Et on aurait peut être plus apprécié le paysage…

Les couleurs du Sun Moon Lake sont quand même incroyables !

A l’arrivée du bateau, on tombe directement sur le temple Xuanguang où tous les touristes du lac semblent s’être donnés rendez-vous ! Pourtant il n’y a rien de spécial à y voir.

Après cette visite, on voulait se rendre à pied au temple Xuangzang, mais le chemin est exceptionnellement fermé ! Nous sommes donc contraints de rejoindre la route et de nous y rendre en auto-stop. Mais heureusement, à Taïwan l’auto-stop est un véritable jeu d’enfant ! Et c’est la première voiture qui nous y conduit.

Le coucher de soleil sur le lac vu depuis le temple Xuangzang

Et pour une fois, on n’est pas déçus de notre visite ! Le temple est très joli, et on rencontre une Taïwanaise qui tient à nous faire faire une visite guidée, alors qu’elle ne parle pas anglais. Elle est drôle et très gentille !

Les gardiens du temple !

Puis, il est temps de penser à trouver un endroit pour dormir. Mais nous sommes en pleine montagne, trop abrupte pour planter notre tente. Et nous ne trouvons jamais le seul camping qui est censé être dans les parages. Nous décidons donc de nous rendre à pied à Ita Thao, le prochain village. Mais nous marchons sur une route de montagne assez dangereuse, alors que la nuit commence à tomber. Et il n’y a pratiquement aucune voiture…

Heureusement, la femme qui nous a fait la visite guidée du dernier temple s’arrête à côté de nous et nous propose de nous emmener au village ! Et après avoir désespérément déambulé dans le village très touristique un long moment à la recherche d’un endroit pour planter notre tente, d’une maison à qui demander l’hospitalité ou d’un hôtel pas trop cher, c’est encore elle que l’on retrouve dans la rue.

D’après le peu que l’on comprend par ses gestes, elle nous cherchait pour nous emmener quelque part. Elle nous achète à manger puis nous emmène dans sa voiture. On était très heureux de se rendre chez elle ! Mais encore une fois, on semble avoir eu des problèmes de compréhension, puisque c’est dans un camping qu’elle nous conduit ! On tente de lui expliquer que les prix sont beaucoup trop chers pour nous, mais elle nous emmène tout de même à l’accueil. Et là, c’est la surprise ! Le camping est tenu par des boulangers, qui font cuire leur pain au four à bois ! C’est tellement insolite de trouver une boulangerie comme chez nous en plein cœur de Taïwan !

Heureusement, l’un des apprentis parle anglais, et il fait l’interprète pour nous. Après une courte discussion, il nous explique que l’on peut utiliser un emplacement gratuitement, et même utiliser les salles de bain ! C’est tellement généreux qu’après réflexion, on se demande vraiment si notre guide n’a pas payé pour nous cet emplacement… Surtout que le camping est totalement vide ! On ne le saura jamais, et nous sommes vraiment tristes de ne pas pouvoir passer plus de temps avec notre ange gardien qui doit rentrer chez elle.

Celle qui a sauvé notre soirée !

On passe la soirée tous les deux dans la cuisine de la boulangerie, à laquelle on nous a laissé accès ainsi qu’aux fours à bois pour cuire notre repas. On mange le très bon pain acheté par notre guide puis on installe notre tente sur un très bel emplacement avec vue sur le lac.

Être invités à dormir dans un camping qu’on n’a même pas payé, ça c’est une première ! Et le lendemain matin, on a même droit au petit déjeuner ! (Encore une fois, on ne sait pas s’il a été payé par notre guide ou s’il a été offert par les boulangers…).

De la pizza au petit déjeuner…ça c’est une première !

Et pour finir en beauté, ils nous offrent même deux beaux pains à manger dans la journée !

On est vraiment étonnés de la gentillesse des Taïwanais qui ne cesse de nous surprendre !

Les super boulangers de Sun Moon Lake !

Et alors qu’on retourne en direction de Ita Thao, on est bouche-bée de trouver dans la voiture qui s’arrête à côté de nous (alors qu’on ne faisait même pas d’auto-stop), notre ange gardien qui est aussi étonnée que nous que nos chemins se croisent encore ! En deux jours, on a réussi à tomber 4 fois sur cette femme extraordinaire qui nous dépose pour la dernière fois à notre destination ! Aujourd’hui on regrette beaucoup de ne pas avoir retenu son prénom et de ne pas avoir gardé contact avec celle qui nous a sauvé la mise tant de fois.

Mais il faut se faire à l’idée qu’on ne peut malheureusement pas garder contact avec tous ceux qui nous ont tant aidés. Et après avoir dégusté nos pains au bord du lac, nous reprenons le stop en direction du sud de l’île, en espérant rencontrer encore d’autres Taïwanais avec qui passer de très bons moments comme ceux-là !

Derniers souvenirs du lac avant de partir vers le sud

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