Poursuivis par le cyclone Debbie

Le 25 mars, une semaine après notre arrivée, nous quittons la magnifique île de Magnetic, afin de nous éloigner le plus possible du cyclone Debbie qui se dirige droit vers la côte est de l’Australie. Le lendemain, en début d’après-midi, nous arrivons à Mackay. Ne voulant pas dormir dehors cette nuit-là, avec les vents qui commencent à souffler fort, nous faisons des demandes de logement sur le site internet couchsurfing. Car le problème, c’est que les abris anticycloniques ne sont ouverts que lors des cyclones de catégorie 5. Or celui-ci n’est « qu’un » catégorie 4 (220km/h attendus, c’est déjà pas mal!). Quant aux hôtels, ils sont hors de prix et pour la plupart déjà complets.

En attendant une réponse, nous nous installons au bord de la piscine de plein air (gratuite) de la commune. Même si l’eau est froide, l’environnement est très agréable.

Quelques heures plus tard, nous recevons enfin une réponse positive de Leanne, qui n’avait pas prévu d’accueillir quelqu’un ce soir-là, mais qui ne veut pas nous laisser dormir dehors. C’est vraiment très généreux de sa part, et c’est rassurés d’avoir un abri pour la nuit que nous nous dirigeons vers sa maison. Elle vit seule, avec 2 chiens, 3 chats, 3 poules et 2 poissons. Une véritable ménagerie où nous nous sentons comme chez nous.

Notre copain Polo !

Leanne s’avère être une hôte vraiment adorable et toujours souriante. Elle s’intéresse beaucoup à nous et à notre voyage, tout comme son amie Vanessa avec qui nous passons également la soirée.

En remerciement de son hospitalité et de sa gentillesse, nous l’aidons à préparer sa maison pour l’arrivée du cyclone : rangement du jardin, scotch sur les vitres etc… Une vraie mission commando qui nous fait tout de même un peu stresser. Nous n’avons jamais connu une telle situation, et le cyclone s’annonce assez violent. Heureusement, d’après les prévisions, nous devrions éviter le plus gros, qui doit toucher Townsville, où nous nous trouvions encore quelques jours auparavant.

Malheureusement, la nature peut être imprévisible, et en voulant l’éviter, nous nous sommes en fait dirigés droit vers son centre. En effet, 2 jours après notre arrivée à Mackay, le cyclone touche enfin la côte…beaucoup plus au sud que prévu, à quelques kilomètres seulement de notre situation. Dans l’après-midi, nous nous retrouvons sans électricité. Une grande partie de la ville est évacuée à cause de la montée des eaux (à une rue seulement de la maison de Leanne), le vent souffle par endroit à plus de 270km/h et les averses ne s’arrêtent plus (dans la cuisine, une petite infiltration d’eau coule du plafond). Par manque d’électricité pour alimenter leur pompe, les deux poissons meurent dans leur aquarium.

C’est très impressionnant, mais nous avons la chance de pouvoir observer ce spectacle bien au chaud sous un toit.

En tout, nous passons 5 nuits chez Leanne, le temps que le ciel se dégage et que les arbres qui sont tombés sur la route soient enlevés. Nous l’aidons à nettoyer son jardin, couvert de branchages, et nous récupérons de la nourriture encore intacte jetée par un supermarché, qui par manque d’électricité a préféré se débarrasser de tout son stock. Au moment de notre départ, l’électricité n’est toujours pas revenue, mais nous avons passé un séjour tellement agréable avec notre hôte, que cela ne nous a pas posé de problème. Entre les jeux de carte et les repas au barbecue accompagnés d’une simple bougie, c’est un vrai moment de partage que nous avons vécu. Et nous ne pourrons jamais assez remercier cette femme adorable de nous avoir accueilli dans un moment aussi critique.

C’est avec beaucoup de tristesse que nous quittons Mackay, et que nous levons de nouveau le pouce au bord de la route. Ce jour-là, sous un soleil de plomb qui a refait son apparition, l’attente est très longue. En 8h de temps nous ne parcourons qu’une centaine de kilomètres. Mais au vu de l’accueil que nous recevons ce soir-là, nous ne regrettons absolument pas. En effet, nous sommes prit en voiture par Allison et Russell, qui nous invitent sans hésitation à passer la nuit chez eux, à Carmila, un tout petit village situé au bord de la route que nous empruntons en direction du sud.

Également privés d’électricité depuis plusieurs jours, ils viennent juste d’acheter un générateur. Ils ont été plus touchés que Leanne par le cyclone, puisque leur cave a été entièrement inondée, et ils sont restés bloqués plusieurs jours dans leur maison sans pouvoir en sortir.

Russell est retraité et Allison est enseignante dans l’école de 17 élèves que compte Carmila. Ils ont une superbe maison qui surplombe les champs de canne à sucre. En passant la soirée avec eux, nous réalisons alors la chance que nous avons eu depuis notre arrivée en Australie. Nous avons rencontré une telle quantité de gens adorables et généreux que ça en devient étrange. Excepté peut être au Danemark, nous n’avons jamais eu autant de facilité à discuter, à partager de bons moments avec la population locale. Les Australiens sont vraiment des gens exceptionnels et nous sommes vraiment heureux de passer du temps avec eux !

Comme la route vers le sud en direction de Brisbane est actuellement coupée par les inondations, Russell et Allison nous proposent de rester une nuit de plus chez eux, ce que nous acceptons avec beaucoup de plaisir.

Dans l’après-midi nous partons nous balader dans les alentours. Le cyclone a causé pas mal de dégâts, et plusieurs routes sont coupées. Des ponts menant à de petits lieux dits sont détruits, bloquant la sortie des quelques habitants désormais isolés.

Les champs de canne à sucre et autres cultures ont quant à eux été aplatis par la force du vent (ce qui n’empêche pas les échassiers habitués des lieux de s’y promener comme si de rien n’était).

En fin de journée, nous partons nous promener le long d’une magnifique plage, couverte de débris et de coquillages ramenés par les grosses vagues des derniers jours.

Non contents de nous offrir le gîte et le couvert, Russel et Allison nous déposent le lendemain matin le long de la route pour reprendre l’auto-stop, avec un sac rempli de nourriture pour la journée ! Comme d’habitude dans ce pays, nous sommes vraiment tristes de quitter ce couple qui nous a tant donné, et nous espérons un jour pouvoir de nouveau croiser leur chemin !

Nous serions restés plus longtemps avec plaisir, mais nous devons passer la ville de Rockhampton assez rapidement, afin d’éviter les inondations qui continuent de prendre de l’ampleur, et qui couperont bientôt la route en direction du sud. Et si la route à Rockhampton est bloquée, le détour pour prendre une autre route est beaucoup trop important (il faut en effet repartir totalement vers le centre du pays. C’est l’un des gros problèmes de l’Australie, si peu habitée lorsque l’on s’éloigne de la côte est).

Heureusement, la chance continue de nous sourire. Car après 1h d’attente, c’est un camion qui s’arrête pour nous prendre. Il nous emmène à 350km de là, dans le village de Calliope. En tout, nous passons 6h avec lui ! Il semble vraiment très gentil mais nous ne comprenons pas tout ce qu’il dit à cause de son accent, c’est dommage.

De Calliope, nous rejoignons une aire de camping où nous plantons notre tente gratuitement. On a même droit à des douches froides ! C’est le grand luxe.

Le long de notre route, les Rainbow Loriquet continuent de nous rappeler la magnifique Ile de Magnetic…

Dés le lendemain nous reprenons l’auto-stop, et nous sommes prit directement par Lise, une femme adorable qui nous conduit à Caloundra…à plus de 400km de là (décidément la chance continue de nous sourire !). Il est vrai que les Australiens sont habitués à faire de longues distances, mais nous sommes toujours impressionnés que des gens acceptent de passer autant de temps avec des voyageurs qu’ils ne connaissent pas. Lise nous offre en plus le repas du midi, ainsi que plusieurs cafés le long de la route. Elle nous dit que nous sommes comme ses enfants. Une telle gentillesse est incroyable ! Surtout qu’elle n’a jamais prit d’auto-stoppeurs de sa vie.

Elle nous explique que malheureusement elle ne peut pas nous accueillir pour la nuit puisqu’elle passe plusieurs jours chez son fils. Mais aucun problème, elle a déjà fait tellement pour nous ! A peine arrivés à Caloundra, nous faisons des demandes d’hébergements sur le site Internet Couchsurfing. A peine une heure plus tard, nous recevons une réponse positive de Colin, qui en plus vient nous chercher dans le centre. Une fois n’est pas coutume, nous passons une excellente soirée avec notre hôte et l’un de ses amis. Nous nous sentons comme chez nous, comme s’il s’agissait d’amis de longue date.

Et comme nous restons finalement une deuxième nuit et que Colin part travailler le lendemain matin tôt, il nous laisse même les clés de sa maison ! Apparemment nous devons inspirer confiance, et nous sommes très touchés par ce geste.

Nous passons donc la journée du lendemain à visiter la ville de Caloundra. Comme d’habitude en Australie, il n’y a pas vraiment de bâtiments intéressants, mais la côte est pas mal, et nous croisons beaucoup d’oiseaux et d’arbres fruitiers exotiques.

Le soir, nous passons de nouveau une soirée très agréable. En règle générale, les Australiens sont très intrigués par notre voyage, et nous partageons souvent nos meilleurs souvenirs avec eux, ainsi que des conseils sur les pays à visiter. C’est pour cette raison que nous apprécions autant les discussions avec eux, car il est très simple de partager nos expériences respectives. Et Colin ne déroge pas à cette règle.

Le lendemain matin, il est déjà partit lorsque nous nous levons. Nous laissons les clés dans la boîte aux lettres puis nous partons en auto-stop en direction de Brisbane, à seulement une centaine de kilomètres de là. Nous parvenons à rejoindre le centre en 4 voitures seulement, et nous nous rendons directement à l’appartement de notre hôte Couchsurfing de ce soir : David. Malheureusement nous ne passons que très peu de temps avec lui. A peine arrivés il nous laisse seuls pour la soirée, et ne revient que vers 21h. Nous ne discutons que très rapidement avec lui et c’est dommage, car il semble vraiment gentil.

Comme nous restons une deuxième nuit chez lui, nous prenons le temps de visiter Brisbane le lendemain. C’est une ville assez agréable du fait de ses nombreux parcs et de l’ambiance calme qui y règne.

Mais hormis quelques exceptions, il n’y a toujours pas de beaux bâtiments à visiter (rien de plus normal, l’Australie est un pays qui ne s’est développé que très récemment, et elle ne possède pas d’architecture historique propre).

Le soir nous passons enfin un peu plus de temps avec David, et c’est avec beaucoup de plaisir que nous l’écoutons raconter son voyage à vélo, seul, durant un an en Amérique du Sud.

Il nous propose de nous emmener le lendemain matin à Toowoomba (où il doit aller travailler), à environ 150km à l’Ouest de Brisbane. Nous n’avions pas du tout prévu de quitter la côte, mais pourquoi pas ? Ça nous changera un peu de paysage.

Nous avons hâte de retrouver le désert Australien, que nous avions tant apprécié au Nord du pays. Même si à l’est, il risque d’être bien différent, sachant que la plupart des Australiens vivent dans cette partie du pays…

2 réflexions au sujet de « Poursuivis par le cyclone Debbie »

  1. Cela fait du bien de lire qu’il y a encore des gens forts accueillants et sympathiques ! Quelle belle leçon de vie ! Heureusement que Catherine et Patrick n’étaient pas au courant de tout en temps réel !

    • Oui c’est en partie en Australie que l’on a rencontré les gens les plus adorables de tout notre voyage. Et cette gentillesse est naturelle pour eux, c’est incroyable !
      On avait prévenu les parents qu’un cyclone arrivait, qu’on avait un logement pour se protéger et qu’on risquait de ne pas avoir d’électricité pendant quelques jours. Mais c’est vrai qu’en France il n’y a jamais eu d’infos sur ce cyclone , même sur internet ils avaient du mal à trouver des informations…mais heureusement on n’a pas été beaucoup touchés 🙂
      A bientôt pour la suite ! Bisous à tous les deux
      Florine et Julien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *